08. Fabrication des matsot et récitation des versets du sacrifice pascal

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Certaines personnes ont coutume d’apporter un supplément de perfection (hidour) à leur pratique, en confectionnant les matsot destinées à la mitsva le 14 nissan même, après le midi solaire (‘hatsot), au moment qui convenait à l’oblation du sacrifice pascal (Choul’han ‘Aroukh 458, 1). D’autres, nombreux, ont coutume de ne point confectionner ces matsot après ‘hatsot, car cela entraînerait une grande fatigue ; à un tel moment, en général, on est occupé à la préparation de la maison en vue de la soirée du séder. Certains auteurs disent même qu’il est préférable de fabriquer les matsot avant cela pour un autre motif : la crainte de la fermentation. En effet, selon certains avis, la moindre quantité de ‘hamets, à une telle heure, rend interdit l’ensemble du mélange alors que, avant le milieu du jour, si une petite partie de la pâte a fermenté, elle s’annule au sein d’une quantité soixante fois supérieure de pâte, et ne se « réactive » pas ensuite, à l’entrée de la fête (Michna Beroura 458, 3 ; cf. ci-dessus, chap. 7, note 1). Tel était l’usage du Rav Kook, de mémoire bénie, que de ne pas fabriquer de matsot la veille de Pessa’h, après midi (Mo’adé Hareïya, p. 284).

On a coutume de réciter, après l’office de Min’ha, le texte relatif au rituel du sacrifice pascal (Séder qorban Pessa’h), qui inclut des versets se rapportant au sacrifice et le rituel de son oblation. Nos sages disent que, après la destruction du Temple, la récitation du rituel relatif aux sacrifices et l’étude de ces derniers sont considérées comme remplaçant, dans une certaine mesure, les sacrifices eux-mêmes (Méguila 31b).

Le Maharal de Prague (Gvourot Hachem 36-37) explique que le sacrifice pascal a pour objet d’exprimer l’unité : unité du Créateur, et, à partir d’elle, unité d’Israël, voué à révéler le nom divin dans le monde. Aussi consomme-t-on ce sacrifice par groupes de familles, et fixe-t-on à l’avance toutes les personnes appelées à y prendre part, afin que le sacrifice soit offert par un groupe, réuni à cette fin. Il ne faut pas, au beau milieu du séder, aller d’un groupe à un autre, afin de ne pas défaire l’unité du groupe. On consomme le sacrifice accompagné de matsa et d’herbes amères (maror), pour exprimer l’unité intérieure reliant toutes les valeurs auxquelles font allusion l’agneau pascal, la matsa et le maror. Nous avons l’obligation de griller l’agneau pascal, car le fait de griller rassemble et unifie la viande. Il est interdit d’en rompre aucun os, car la rupture exprimerait l’idée de séparation.

Quand il est impossible d’offrir le sacrifice pascal, l’unité du Créateur ne se dévoile pas pleinement dans le monde ; Israël est dispersé, les Juifs divisés entre eux. Que telle soit la volonté de l’Eternel que le Temple soit reconstruit, bientôt et  nos jours, et que nous méritions d’offrir, tous ensemble, le sacrifice pascal, comme aux jours d’autrefois, dans les temps anciens. Suivant les mots qui concluent la Haggada : « Ô Pur, qui habite dans la Résidence, relève l’indénombrable assemblée ; conduis bientôt ces plants de ceps, délivrés, à Sion, dans l’allégresse. »

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