03 – Sortie du rouleau de la Torah

On a coutume de réciter des versets au moment de l’ouverture de l’arche sainte et lors de la procession de la Torah vers le pupitre de lecture ; même chose quand on rapporte le rouleau vers l’arche, comme l’indiquent les livres de prière, chaque communauté selon sa coutume.

Les Ashkénazes ont coutume de dire tout d’abord E-l erekh apayim (« Dieu longanime… ») ; mais ils ne le disent pas les jours où les Ta’hanounim ne sont pas récités. Après quelques versets, les Ashkénazes ont coutume de réciter Berikh Chemeh (« Béni soit le nom… »). Les Séfarades ont coutume de dire ce dernier texte le Chabbat et les jours de fête seulement ; certains Séfarades ont toutefois l’usage de le réciter également à Roch ‘hodech (néoménie) (Pisqé Techouva 134, 13).

L’officiant tient le rouleau de la Torah de la main droite. Lorsqu’il dit le verset Gadelou (« Exaltez l’Eternel avec moi… »), il lève légèrement le rouleau. Le Chabbat et les jours de fête, il le lève également lorsqu’il récite les versets Chéma (« Ecoute, Israël… ») et E’had (« Un est notre Dieu… »). Ensuite, l’officiant se dirige du côté droit afin d’apporter le rouleau à la téva (pupitre de lecture) (Rama 134, 2 ; Michna Beroura 13). Les fidèles ont coutume, lorsque le rouleau de la Torah arrive à proximité d’eux, de l’embrasser et de l’accompagner quelque peu. La plupart ont l’habitude d’embrasser véritablement le rouleau de leur bouche, d’autres le touchent de la main puis embrassent leur main (voir Pisqé Techouva 149, 1-2). Quand on est malade ou enrhumé, il semble qu’il convienne de ne pas embrasser la Torah de sa bouche, afin de ne pas contaminer les autres fidèles.

L’administrateur (gabaï) doit préparer le rouleau de la Torah de façon qu’il s’ouvre à l’endroit de la prochaine lecture, afin que l’on n’ait pas à le dérouler en public. En effet, ce ne serait pas respectueux pour le public de l’obliger à attendre que soit déroulé le séfer-Torah jusqu’à l’endroit de la lecture. Certes, en général, cette préparation n’est pas nécessaire, puisque la lecture se fait dans l’ordre des péricopes (parachot)[a] hebdomadaires. Cependant, les jours de fête, de Roch ‘hodech et de jeûne, on ne lit pas suivant cet ordre ; aussi faut-il préparer le rouleau en vue de ces jours-là. De même, il faut, après ces jours particuliers, dérouler le séfer-Torah en sens inverse, pour retrouver l’ordre habituel de la paracha.

Si, par erreur, on a sorti un autre rouleau de la Torah, l’usage le plus répandu est de ne pas le remplacer. Bien que le public soit alors contraint d’attendre que l’on déroule le parchemin jusqu’à l’endroit de la lecture, tel est l’honneur dû au séfer-Torah : une fois sorti de l’arche sainte, on ne le remplace pas par un autre (Kaf Ha’haïm 144, 13). Certains décisionnaires disent que, pour éviter d’infliger une perte de temps à l’assemblée, on est autorisé à remplacer un rouleau qui a été sorti par erreur, même si on l’a déjà posé sur le pupitre de lecture. En cas de nécessité, quand la communauté est pointilleuse sur son temps, on peut s’appuyer sur cette opinion (Igrot Moché, Ora’h ‘Haïm II 37).


[a]. Paracha, plur. parachotou parachiot : section de la Torah. Il peut s’agir, au sens général, d’un paragraphe de la Torah délimité, au début et à la fin, par un espace blanc sur le parchemin. Spécialement, le mot paracha désigne la péricope hebdomadaire lue le Chabbat à la synagogue (on parle alors de parachat ha-chavoua, section de la semaine), elle-même composée de plusieurs parachot au sens général du terme. Dans ce sens de péricope hebdomadaire, on parle aussi de sidra de la semaine.

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