02. La mitsva de raconter la sortie d’Egypte, le soir de Pessa’h

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C’est une mitsva de la Torah que de raconter la sortie d’Egypte, le soir, à la date même où nous quittâmes l’Egypte pour accéder à la liberté perpétuelle. Certes, c’est chaque jour une mitsva que de se rappeler la sortie d’Egypte, comme il est dit : « Afin que tu te souviennes du jour où tu sortis de la terre d’Egypte, tous les jours de ta vie » (Dt 16, 3), verset que Ben Zoma a commenté de la façon suivante : « S’il était seulement écrit “les jours de ta vie”, la mitsva de se souvenir de la sortie d’Egypte s’appliquerait seulement aux jours ; mais puisqu’il est écrit “tous les jours de ta vie”, le mot tous vient également inclure les nuits » (Berakhot 12b). Afin de se rappeler, chaque jour et chaque nuit, la sortie d’Egypte, nous terminons la lecture du Chéma Israël par un paragraphe tiré du livre des Nombres (15, 37-41), qui s’achève par le verset : « Je suis l’Eternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Egypte pour être votre Dieu ; Je suis l’Eternel votre Dieu. » Mais il y a plusieurs différences significatives entre cette mitsva quotidienne et la mitsva de la nuit du séder.

Premièrement, pour accomplir la mitsva de tous les jours, il suffit d’une simple mention, servant de rappel ; tandis que, le soir du séder, la mitsva consiste à raconter, longuement, l’événement de la sortie d’Egypte. Deuxièmement, le soir du séder, il y a une mitsva particulière de faire ce récit aux enfants. Troisièmement, le soir du séder, la mitsva consiste à faire ce récit pendant que la matsa et les herbes amères sont placées devant nous. Quatrièmement, le soir du séder, la mitsva consiste à faire un récit dialogué, sous forme de questions et de réponses. Cinquièmement, les femmes sont dispensées de la mitsva de rappeler la sortie d’Egypte chaque jour, tandis qu’elles sont tenues au récit de la sortie d’Egypte le soir du séder[1].

Il faut tenir pour principe que la sortie d’Egypte est l’un des fondements de la foi d’Israël. C’est lors de cet événement, en effet, que la Providence divine s’est dévoilée pour la première fois dans le monde, devant tout un peuple, par des miracles et de grands prodiges, et que s’est manifestée la volonté divine de choisir Israël pour son peuple, destiné à révéler sa parole au monde. Aussi, tous les Chabbats, toutes les fêtes, sont en souvenir de la sortie d’Egypte, comme nous le disons dans la prière et dans le Qidouch. Grâce à la mitsva particulière de raconter la sortie d’Egypte, le soir du séder, s’affermit le puissant principe de la foi (émouna), ce qui donne sens à toutes les courtes mentions de la sortie d’Egypte, faites au cours de l’année.


[1]. Choul’han ‘Aroukh 472, 14. Toutefois, les décisionnaires sont partagés quant au fait de savoir si l’obligation, pour les femmes, de prendre part à la lecture de la Haggada est une de rang toranique ou rabbinique. Selon le Séfer Ha’hinoukh, fin de la mitsva 21, les femmes y sont toraniquement obligées. En effet, puisque la Torah les oblige à la consommation du sacrifice pascal et de la matsa, elles sont également tenues à la mitsva du récit de la sortie d’Egypte, récit qui doit être précisément fait en présence et au sujet du sacrifice pascal, de la matsa et des herbes amères. Selon d’autres, puisqu’il s’agit d’une mitsva positive conditionnée par le temps, les femmes n’y sont pas tenues toraniquement ; c’est en vertu d’une règle rabbinique qu’elles doivent accomplir toutes les mitsvot du soir du séder, car elles aussi ont bénéficié du même miracle. C’est ce qui ressort de Tossephot sur Pessa’him 108b ; cf. responsa ‘Hazon ‘Ovadia 20, qui présente longuement les différentes opinions.

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