01.Noms et principes de la fête

La fête qui est l’objet de notre étude possède trois noms : a) fête de Soukot (‘hag ha-soukot), du nom de la souka[a] dans laquelle il nous est prescrit de résider durant ces jours ; b) fête de la récolte (‘hag ha-assif), car on y achève le rassemblement de la récolte céréalière et des fruits ; c) « la fête » (hé’hag) : il arrive qu’elle soit appelée ainsi, sans autre mention, comme il est dit : « Salomon célébra la fête » (II Chr 7, 8). C’est qu’elle est la plus joyeuse et la plus solennelle des fêtes de pèlerinage : une joie d’une intensité particulière y régnait à l’époque du Temple, par les danses accompagnant la cérémonie de puisage de l’eau[b] (Tossephot Yom Tov sur Roch Hachana 1, 2), et l’on y offrait davantage de sacrifices que lors des autres fêtes (Ha’émeq Davar 16, 13). Quant aux motifs de la joie particulière à la fête de Soukot, nous tenterons de les exposer par la suite (§ 8).

On trouve dans la fête de Soukot trois éléments essentiels, qui sont d’ailleurs solidaires les uns des autres : a) la sainteté propre à ces jours de fête – y compris au jour de Chemini ‘atséret[c] –, durant lesquels nous terminons le cycle annuel des fêtes, nous nous réjouissons et exprimons notre reconnaissance envers Dieu pour la récolte des fruits de l’année agricole. Cette sainteté se manifeste par la mitsva de cesser tout travail durant le premier et le huitième jour de fête, qui sont des jours chômés (Yom tov), et par un arrêt partiel de notre activité les jours intermédiaires (‘Hol hamo’ed). La sainteté de ces jours se manifeste encore par les sacrifices additionnels qu’il nous était ordonné d’offrir durant la fête, comme le prescrit le livre des Nombres (29, 12-34). b) La mitsva des quatre espèces (arba’at haminim)[d], qui exprime le supplément de joie lié au rassemblement de la récolte annuelle, ainsi qu’au repentir et à l’expiation des jours redoutables[e]. c) La mitsva de la souka, qui donne son nom à la fête, et que nous accomplissons afin que toutes nos générations aient conscience de l’histoire de la sortie d’Égypte, et de la providence de Dieu sur son peuple. La souka fait, de plus, allusion aux temps futurs, quand l’Éternel étendra la tente de sa paix sur nous, sur tout Israël et sur le monde entier.

Ces trois thèmes sont exposés dans la section des fêtes du livre du Lévitique (23, 33-44) : à la différence des autres fêtes, mentionnées de façon unitaire, la thématique de la fête de Soukot est exposée en trois étapes. La première, du verset 33 au verset 38 :

L’Éternel parla à Moïse en ces termes : le quinzième jour de ce septième mois, c’est la fête des cabanes, durant sept jours, en l’honneur de l’Éternel. Le premier jour, il y aura convocation sainte : vous ne ferez aucun travail servile. Pendant sept jours, vous offrirez à l’Éternel un sacrifice consumé par le feu ; le huitième jour, ce sera pour vous une convocation sainte, et vous offrirez à l’Éternel un sacrifice consumé par le feu ; c’est une fête de clôture, vous ne ferez aucun travail servile.

La deuxième, versets 39-40 :

Mais le quinzième jour du septième mois, quand vous aurez rassemblé la récolte de la terre, vous célébrerez la fête de l’Éternel pendant sept jours. Le premier jour sera jour de repos, et le huitième jour sera jour de repos. Vous prendrez, le premier jour, un fruit de l’arbre de splendeur, des branches de palmier, des rameaux d’arbre feuillu et de saules de rivière ; et vous vous réjouirez devant l’Éternel votre Dieu pendant sept jours.

La troisième, versets 41 à 43 :

Vous la célébrerez en tant que fête de l’Éternel, sept jours par an, loi perpétuelle pour vos générations : au septième mois, vous la célébrerez. Dans des cabanes vous résiderez, pendant sept jours ; tous les indigènes d’Israël résideront dans les cabanes. Afin que vos générations sachent que c’est dans des cabanes que je fis résider les enfants d’Israël lorsque je les fis sortir de la terre d’Égypte. Je suis l’Éternel votre Dieu. »


[a]. Souka, plur. soukot : cabane.

[b]. Sim’hat beit hachoéva : littéralement « joie du puits », en référence au puits d’où l’on tirait l’eau versée sur l’autel du Temple, pendant la fête de Soukot. Cette cérémonie était accompagnée de danses, de chants et de musique instrumentale. Cf. ci-après § 10 à 12.

[c]. Fête de clôture, qui a lieu au lendemain des sept jours de Soukot ; cf. chap. 7.

[d]. Bouquet de quatre espèces végétales que l’on prend en mains et que l’on agite pendant Soukot ; cf. chap. 4 et 5.

[e]. Période qui s’étend de Roch Hachana à Kippour. L’expiation que l’on y obtient pour ses fautes est une source de joie, laquelle s’exprime pendant les jours de Soukot qui suivent peu après. Cf. Pniné Halakha – Les Jours redoutables.

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