02. Le Chabbat et le peuple d’Israël

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Nos maîtres demandent : « Pourquoi est-il dit, à la fin de l’œuvre du sixième jour : “Il fut soir, il fut matin ; le sixième jour” (Gn 1, 31), avec l’ajout de l’article défini le (yom hachichi) ? » L’intention de la Torah, répondent-ils, est de faire ici allusion au sixième jour du mois de Sivan, où la Torah fut donnée à Israël : « Le Saint béni soit-Il émit une condition à l’œuvre de la Création, à laquelle il dit : “Si Israël accepte la Torah, vous [éléments de la Création] vous maintiendrez, sinon, je vous fais retourner à votre chaos” » (Chabbat 88a). Et dès la fin de ce sixième jour, fut créé le Chabbat, où se révèle la royauté de Dieu, béni soit-Il, et durant lequel, bien plus tard, le Saint béni soit-Il donnerait la Torah à Israël (Chabbat 86b).

Avant qu’Israël n’apparût dans le monde, le Chabbat restait solitaire, sans personne pour découvrir sa sainteté et sa bénédiction. Comme l’enseignent nos sages : « Le Chabbat dit devant le Saint béni soit-Il : “Maître de l’univers, chacun possède un compagnon, et moi, je n’ai pas de compagnon. En effet, les six jours ouvrables se répartissent par paires, et moi seul je n’ai pas de partenaire.” Le Saint béni soit-Il lui répondit : “L’assemblée d’Israël, c’est elle qui est ton partenaire.” Et dès lors que les enfants d’Israël se tinrent devant le mont Sinaï, le Saint béni soit-Il leur dit : “Souvenez-vous de cette parole que J’ai dite au Chabbat : l’assemblée d’Israël, c’est elle qui est ton partenaire.” C’est ce qu’exprime la parole (Ex 20, 7) : « Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier[2] » (Gn Rabba 11, 8).

Certes, dès avant qu’Israël n’eût reçu la Torah, le Chabbat était sanctifié et béni, car, en ce jour, Dieu avait mis fin à toute son œuvre, et ce jour est l’intériorité, l’âme du monde. Mais la bénédiction qui était alors dispensée par l’effet du Chabbat restait limitée au seul maintien du monde, tandis que tous les manques qui y étaient inscrits restaient en l’état, sans qu’il fût possible de les combler. Aussi le Saint béni soit-Il émit cette condition à l’égard de l’œuvre de la création, condition selon laquelle, si le peuple juif n’acceptait pas la Torah, Il renverrait le monde au tohu-bohu : car quel sens pourrait-il y avoir à l’existence du monde si celui-ci devait continuer d’errer dans toutes ses souffrances, sans possibilité de progresser ni de s’élever à sa parfaite rédemption ?


[2]. A la manière de l’époux qui consacre l’épousée par la remise de la bague (qidouchin, litt. sanctification).
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