13. La Délivrance dépend de l’observance du Chabbat

Le livre d’Isaïe nous apprend que la Délivrance dépend de la pratique du droit et de la justice, ainsi que de l’observance du Chabbat, comme il est dit :

Ainsi parle l’Eternel : gardez le droit (michpat) et pratiquez la justice (tsedaqa), car mon salut est près de venir et ma justice près de se dévoiler. Heureux l’homme qui fait cela, le fils de l’homme qui s’y attache, qui garde le Chabbat et ne le profane point, et préserve sa main de toute action mauvaise. Et qu’il ne dise pas, le fils de l’étranger, qui s’agrège à l’Eternel : « L’Eternel m’a séparé de son peuple [je ne mériterai pas tout le bien que Dieu conserve au bénéfice d’Israël, pour le temps de la Délivrance] », et qu’il ne dise pas, l’eunuque : « Voici, je suis un arbre desséché [car je n’ai pas d’enfants, et donc pas d’avenir]. » Car ainsi parle l’Eternel : « Aux eunuques qui gardent mes Chabbats, ont choisi ce que J’ai désiré et qui tiennent ferme mon alliance, Je donnerai, dans ma maison et dans mes murailles, un monument et un nom, meilleur que des fils et des filles ; un nom perpétuel Je leur donnerai, qui ne sera pas retranché. Et les fils de l’étranger, qui s’agrègent à l’Eternel pour le servir et pour aimer le nom de l’Eternel, pour lui être des serviteurs, quiconque observe le Chabbat, se gardant de le profaner, ceux qui tiennent ferme mon alliance [grâce à la garde du Chabbat, ils mériteront d’être considérés comme de parfaits Israélites] : Je les mènerai sur ma montagne sainte, et Je les réjouirai dans ma maison de prière ; leurs holocaustes et leurs sacrifices seront agréées sur mon autel, car ma maison sera appelée maison de prière pour tous les peuples. Discours du Seigneur Dieu, qui rassemble les dispersés d’Israël : il en est d’autres que Je rassemblerai, en sus de ses rassemblés (Is 56, 1-8).

Nos sages apprennent de cela : « Si le peuple d’Israël gardait deux Chabbats conformément aux prescriptions, il serait immédiatement délivré, comme il est dit : “Ainsi parle l’Eternel aux eunuques qui garderont mes Chabbats[8]” ; or il est dit ensuite : “Je les amènerai sur ma montagne sainte etc.” » (Chabbat 118b).

Au premier abord, il y a lieu de se demander pourquoi, selon nos sages, si le peuple d’Israël observait deux Chabbats, il serait immédiatement délivré. Le prophète n’annonce-t-il pas que la Délivrance dépend du droit et de la justice ? Il y a lieu de dire que, si le peuple juif observait deux Chabbats conformément aux prescriptions, il observerait assurément aussi le droit et la justice, car, par l’effet du Chabbat, on se libère de la sujétion aux appétits de possession et d’argent, et l’on s’élève dans la foi ; grâce à cela, on désire accomplir le droit et la justice durant les six jours travaillés. Dans le même sens, nos maîtres disent : « Israël ne sera délivré que par le mérite du Chabbat, comme il est dit : “Par la tranquillité et par le repos viendra votre salut” (Is 30, 15) » (Lv Rabba 3, 1). Et véritablement, par le droit et la justice, on peut accéder à la Délivrance car, par le biais du droit et de la justice, on se libère des chaînes de la matière et des passions, on apporte leur réparation spirituelle (tiqoun) aux six jours de travail, et l’on peut ainsi garder le Chabbat comme il convient, s’élever dans la foi, l’attachement à Dieu, et mériter la Délivrance (cf. Baba Batra 10a ; Dt Rabba 5, 7).

Nos maîtres disent encore que, grâce à l’observance du Chabbat, on mérite de s’établir en terre d’Israël ; comme l’a dit le Saint béni soit-Il à Abraham notre père : « Si tes enfants acceptent le Chabbat, ils entreront dans le pays ; sinon, ils n’y entreront pas » (Gn Rabba 46, 9). Or l’entrée dans le pays constitue le commencement de la Délivrance.


[8].  Le pluriel mes Chabbats indique un nombre minimal de deux Chabbats.
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