03. L’interdit rabbinique de lire à la lumière d’une lampe à huile

https://ph.yhb.org.il/fr/01-16-03/

Nos sages ont interdit, le Chabbat, de lire à la lumière d’une lampe à huile, de crainte que la flamme ne faiblisse et que l’on n’en vienne à pencher la lampe afin d’amener davantage d’huile vers la mèche, transgressant en cela l’interdit toranique d’allumer. Certes, nos sages font aussi obligation d’allumer une veilleuse[d] en l’honneur du Chabbat ; toutefois, le but de cette veilleuse est d’éclairer le repas, lequel ne nécessite pas un regard aussi scrutateur que celui qu’impose la lecture. De même, cet allumage a été institué pour que l’on puisse marcher chez soi sans se heurter aux meubles. Par contre, les sages ont interdit de faire, à la lumière des veilleuses de Chabbat, une chose qui exige un regard scrutateur (‘iyoun rav), de crainte que, en voulant mieux voir, on n’incline la lampe. Si je veux lire à la lumière de la veilleuse, je dois demander à un camarade de me surveiller, afin de s’assurer que je n’incline point la lampe ; ou bien je peux étudier de concert avec mon camarade, afin que nous nous surveillions l’un l’autre (Chabbat 11a, Choul’han ‘Aroukh 275, 1-3).

Si la veilleuse est une bougie de paraffine, comme la majorité de nos veilleuses actuelles, de nombreux décisionnaires estiment qu’il est permis, même si l’on est seul, d’étudier à sa lumière, car il n’est pas à craindre de l’incliner : si l’on incline la lampe à huile, c’est en effet pour rapprocher l’huile de la mèche ; or dans une bougie de paraffine, la cire adhère à la mèche, et est déjà proche du feu. De même il n’est pas à craindre d’en venir à moucher la mèche, car une bougie de paraffine brûle bien, et il n’est pas besoin de s’en occuper après l’avoir allumée (Michna Beroura 275, 4, Kaf Ha’haïm 275, 11).

Il est permis au particulier d’étudier à la lumière d’une ampoule électrique. Même quand il y a deux interrupteurs, commandant chacun une ampoule, et que l’on n’en a allumée qu’une, il est permis d’étudier à sa lumière. Et même quand il existe une possibilité de tourner l’interrupteur et d’augmenter ainsi l’éclairage dispensé par l’ampoule, il reste permis d’étudier à sa lumière. En effet, le motif du décret de nos sages tient dans la possibilité que la flamme faiblisse et que l’on en vienne à incliner la veilleuse pour lui redonner sa précédente force ; en revanche, nos maîtres n’ont pas craint que l’on n’en vienne à allumer une veilleuse supplémentaire, ou à ajouter de l’huile à la lampe. Or, puisque la lumière de l’ampoule électrique n’est pas sujette à faiblir, on ne craint pas d’en venir à allumer une autre ampoule, ou d’augmenter l’intensité de la lumière. En tout état de cause, a priori, il est bon, dans un tel cas, de placer sur l’interrupteur une étiquette où soit inscrit le mot Chabbat, afin que l’on n’augmente pas la lumière par erreur (Chemirat Chabbat Kehilkhata 13, 37, Ye’havé Da’at VI 20).


[d].  Sur l’allumage des lumières de Chabbat, voir le tome 1, chapitre 4.

Ce contenu a été publié dans Chapitre 16 - Allumer, éteindre un feu. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.