11. Programmer une opération ou une circoncision les jours précédant Chabbat

Si l’on a besoin de prendre rendez-vous pour une opération, après laquelle des soins continueront d’être nécessaires, soins entraînant la réalisation de mélakhot diverses, ou si l’on a besoin de subir une opération entraînant des douleurs qui se prolongent plusieurs jours, et qui empêcheraient d’éprouver la délectation du Chabbat (par exemple, l’extraction d’une dent de sagesse), il conviendra a priori, si l’opération n’est pas urgente, de fixer le rendez-vous dans les trois premiers jours de la semaine (dimanche, lundi, mardi). Mais si le médecin spécialiste ne peut procéder à l’opération que dans les trois derniers jours de la semaine (mercredi, jeudi, vendredi), il sera permis de la fixer durant ces jours, bien qu’il eût été possible de la programmer durant les trois premiers jours avec un chirurgien moins spécialisé (cf. ci-dessus, chap. 2 § 10-11).

De même, quand une femme est sur le point d’accoucher, et que les médecins ont décidé de lui administrer une piqûre pour hâter le processus, il lui est permis de recevoir cette piqûre le vendredi, bien que cela entraîne vraisemblablement un accouchement pendant Chabbat (Chemirat Chabbat Kehilkhata 32, 33 et note).

Lorsqu’une opération est urgente, et quoiqu’elle puisse être repoussée aux trois premiers jours de la semaine, il ne faut pas la repousser, car il arrive qu’il y ait des contretemps, et que l’opération soit reportée au-delà de ce qui était souhaitable d’un point de vue médical.

Quand un bébé est malade, et que sa circoncision est repoussée au jeudi ou au vendredi, les décisionnaires sont partagés quant au fait de savoir s’il faut procéder ces jours-là à la circoncision. Certains disent que, puisque la circoncision n’a pu avoir lieu le huitième jour à compter de la naissance, jour fixé par la Torah, il n’y a pas lieu d’y procéder le jeudi ou le vendredi, de crainte que, après la circoncision, on doive donner au bébé des soins entraînant la profanation du Chabbat ; tel est l’usage de nombreuses communautés séfarades (Rachbats 1, 21, Rav Pe’alim, Yoré Dé’a IV 28, Yabia’ Omer V Yoré Dé’a 23). D’autres estiment qu’il n’est pas tellement à craindre d’avoir à profaner le Chabbat pour le bébé, suite à une circoncision ayant eu lieu le jeudi ou le vendredi ; et puisque c’est une mitsva que de se hâter d’accomplir la circoncision, il faut la fixer, au besoin, au jeudi ou au vendredi (Chakh sur Yoré Dé’a 266, 18, Maguen Avraham 331, 9). Telle est la coutume généralement observée dans les communautés ashkénazes, yéménites, et une partie des communautés séfarades.

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