09 – Peut-on rattraper la répétition de l’officiant ?

https://ph.yhb.org.il/fr/02-19-09/

Quand dix Juifs ont prié, chacun de son côté, et qu’ils se rassemblent ensuite en un même endroit, ils n’ont pas le statut de minyan, puisque chacun a prié en tant que particulier. Aussi n’y a-t-il pas lieu de dire la répétition de la ‘Amida (Radbaz, Michna Beroura 69, 1 ; Kaf Ha’haïm 1. En revanche, pour le bénéfice des retardataires, on ajoute Barekhou à la fin de l’office, comme nous le verrons au chap. 23 § 9).

Mais si l’un des dix Juifs présents dans la même pièce n’a pas encore prié, il dira, une fois arrivé à la bénédiction Yichtaba’h, le Qaddich ainsi que Barekhou. Et lorsqu’il parviendra à la ‘Amida, il prononcera les trois premières bénédictions à voix haute, et les autres Juifs se joindront à lui pour réciter la Qédoucha. De cette façon, tous pourront bénéficier du Qaddich, de Barekhou et de la Qédoucha. C’est la règle dite de Pores ‘al Chéma.

De même, lorsqu’un particulier arrive en retard à l’office, si neuf hommes se trouvent là, qui sont prêts à répondre à sa suite, il dira, une fois arrivé à Yichtaba’h, le Qaddich et Barekhou ; et une fois arrivé à la ‘Amida, il récitera les trois premières bénédictions à voix haute et bénéficiera de la Qédoucha[10].

Quand six hommes se rassemblent pour prier, et que quatre autres, qui ont déjà prié, se joignent à eux, l’officiant peut faire l’ensemble de l’office : en effet, puisque dix Juifs sont rassemblés et que la majorité d’entre eux n’a pas encore prié, le statut de minyan leur est appliqué[11].

Mais si seulement cinq d’entre eux n’ont pas prié, la règle à eux applicable est semblable à celle qui s’applique au particulier : lorsqu’ils arrivent à Yichtaba’h, on dit le Qaddich et Barekhou, et quand on arrive à la ‘Amida, l’un des cinq récite les trois premières bénédictions à voix haute, puis on récite la Qédoucha (voir Béour Halakha 69 Omer).


[10]. Certains pensent que ce particulier, auquel l’assemblée accepte de répondre, devra dire le Qaddich après avoir dit Ta’hanoun (cf. chap. 21), et le Qaddich Titqabal après avoir terminé Ouva lé-Tsion (chap. 23). C’est ce qu’écrivent le Kaf Ha’haïm 56, 37 et Iché Israël 34, 4. Les notes du Ich Matslia’h sur le chapitre 69 du Choul’han Aroukhrapportent que, selon certains, on ne dit le Qaddich Titqabal que dans le cas où trois des dix personnes n’avaient pas encore prié avant l’arrivée de l’officiant retardataire. Selon d’autres, il faut six des dix personnes. Le Ich Matslia’h ajoute que chaque endroit va suivant son usage. Il semble que l’usage soit de ne dire les Qaddich qui suivent la ‘Amida que dans le cas où six fidèles n’auraient pas encore prié avant l’arrivée de l’officiant.

Si l’on s’en tient au droit strict, dans le cas où celui qui n’a pas encore prié n’est pas à même de le faire à haute voix, un autre fidèle peut officier pour son compte, réciter pour lui le Qaddich et Barekhou, dire à haute voix les trois premières bénédictions de la ‘Amida, puis poursuivre à voix basse jusqu’à la fin de la ‘Amida (cf. Rama 69, et Michna Beroura 17).

[11]. Le Radbaz parle d’un cas où six hommes commencent à réciter la ‘Amida, dans l’espoir que quatre autres personnes arrivent, et où, après avoir terminé la ‘Amida à voix basse, on constate effectivement que quatre personnes, qui ont déjà prié, sont arrivées, et que ces quatre personnes sont prêtes à compléter le minyan. Dans un tel cas, on peut soutenir, d’après le Radbaz, que, du fait qu’ils ne constituaient pas un minyan au moment où ils priaient à voix basse, les fidèles ne peuvent réciter la répétition. Mais nombreux sont ceux qui pensent que, dans la mesure où, d’une part, les premiers se sont rassemblés en vue de prier en minyan, où d’autre part ils espéraient que le minyan serait complété, et où enfin ils constituaient la majorité d’un minyan, ils peuvent procéder à la répétition. C’est ce qu’écrit le Har Tsvi (Ora’h ‘Haïm 1, 51). C’est aussi ce qu’écrit le Chéérit Yossef II p. 190.

Ce contenu a été publié dans Chapitre 19 – Répétition de l’officiant (‘hazara). Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.