08 – Modim derabbanan ; autres règles

Lorsque l’officiant arrive à la bénédiction Modim (bénédiction de la reconnaissance), toute l’assemblée se prosterne avec lui et récite le Modim derabbanan, dont le texte diffère du Modim principal, comme l’explique le Talmud (Sota 40a).

Toute l’assemblée se prosterne pour le Modim derabbanan, et cette prosternation se fait de la même façon que celle du Modim de la ‘Amida récitée à voix basse (Michna Beroura 127, 2, Kaf Ha’haïm 1 ; cf. ci-dessus, chap. 17 § 6).

Certains disent que l’on doit également se prosterner quand on termine de dire le Modim derabbanan. D’autres encore pensent qu’il est souhaitable de dire l’intégralité du Modim derabbanan courbé. Mais l’usage répandu est de ne se prosterner qu’au début, et tel doit être l’usage selon Rabbi Isaac Louria (cf. Choul’han ‘Aroukh et Rama 127, 1 ; Kaf Ha’haïm 10).

Dans la répétition d’une ‘Amida qui aurait normalement requis la bénédiction sacerdotale (Birkat Cohanim), telle que Cha’harit, Moussaf, ou encore Min’ha des jours de jeûne, l’officiant dit, s’il ne se trouve pas de Cohen pour bénir l’assemblée, une prière brève à la place de la bénédiction sacerdotale. L’assemblée répond ken yehi ratson (« que telle soit Ta volonté »).

Il existe deux versions de la bénédiction de la paix : Sim chalom… (« Instaure la paix… ») et Chalom rav… (« Une grande paix… »). Selon l’usage séfarade et sfard (rituel conforme à l’enseignement de Rabbi Isaac Louria), on dit Sim chalom à chaque ‘Amida. Selon l’usage ashkénaze, pour une ‘Amida où la bénédiction sacerdotale est normalement requise, on dit Sim chalom ; quand la bénédiction sacerdotale n’est pas requise, on dit Chalom rav. Si l’on a substitué un texte à l’autre par erreur, on est quitte (Rama 127, 2, Michna Beroura 13, Kaf Ha’haïm 24)[8].

Si l’officiant s’est troublé au point de ne plus pouvoir continuer sa répétition, on attend qu’il se reprenne, et s’il ne réussit décidément pas à poursuivre, on désigne un remplaçant. Si l’incident s’est produit dans l’une des bénédictions médianes, le second officiant reprend à la première de ces bénédictions. Et s’il s’est agi de l’une des trois premières ou des trois dernières bénédictions, le second officiant reprend à la première de cette série de trois bénédictions (Choul’han ‘Aroukh 126, 1-2)[9].


[8]. Selon le Béour Halakha 127, 2 (אבל), si l’on s’aperçoit, à Cha’harit, au milieu de cette bénédiction, que l’on est en train de dire la version commençant par Chalom rav, on se reprend, tant que l’on n’a pas conclu cette bénédiction par sa formule finale (Baroukh Ata…). En effet, la version Chalom rav est plus courte, et il y manque donc certaines paroles que l’on dit dans la version Sim chalom. En revanche, si l’erreur a consisté à dire Sim chalom le soir, et que l’on s’en souvienne au milieu de la bénédiction, il n’est pas nécessaire de se reprendre, puisque cette version « inclut » celle de Chalom rav. Selon le rituel de la plupart des ‘Hassidim, on dit Sim chalom tous les jours à Min’ha ; selon toute vraisemblance, la raison en est la suivante : les jours de jeûne, on dit la bénédiction sacerdotale à Min’ha [car, bien qu’on soit en milieu de journée, le jeûne a pour effet qu’il n’est pas à craindre que les Cohanim aient bu du vin, ce qui les empêcherait de bénir l’assemblée] ; cela veut bien dire que, n’était-ce la crainte d’ébriété [qui est levée les jours de jeûne], tout office de Min’ha requerrait la bénédiction sacerdotale ; aussi convient-il de dire Sim chalom.
[9]. Selon le Choul’han ‘Aroukh 126, 3, un officiant qui aurait oublié de dire, dans la répétition, le passage Yaalé véyavo à Roch ‘hodech ou à ‘Hol hamoed, et qui aurait achevé cette répétition, n’aurait pas besoin de reprendre celle-ci au début, bien qu’un particulier, pour la même erreur, doive se reprendre. En effet, le caractère du jour sera mentionné par la suite dans la ‘Amida de Moussaf ; aussi, pour éviter de peser sur le public, on n’exige pas de reprendre la répétition de l’officiant. Toutefois, si ce-dernier n’a pas encore terminé sa répétition, il reprend à Retsé (bénédiction dans laquelle Yaalé véyavo est inclus), afin de pouvoir ajouter Yaalé véyavo. En effet, une telle reprise courte n’entraîne pas un grand dérangement pour le public. Un officiant qui se serait trompé dans la ‘Amida qu’il a dite à voix basse n’a pas besoin de se reprendre, car il s’acquittera de son obligation par le biais de la répétition (Choul’han ‘Aroukh 126, 4).

Ce contenu a été publié dans Chapitre 19 – Répétition de l’officiant (‘hazara). Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.