07 – Quand l’officiant doit-il réciter les versets de la Qédoucha ?

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L’officiant doit dire les versets Qadoch, Baroukh et Yimlokh en même temps que l’assemblée, afin de joindre sa récitation à celle de dix Juifs. Il les dit à voix haute, pour que, s’il se trouve une personne qui n’a pas encore terminé sa ‘Amida, elle puisse entendre l’officiant et s’acquitter ainsi de son obligation de se joindre à la Qédoucha, suivant le principe selon lequel celui qui écoute est semblable à celui qui répond (Choul’han ‘Aroukh 104, 7). Après avoir dit chacun des versets, l’officiant se tait un bref instant, afin que la majorité des fidèles termine de réciter les phrases de transition ; il les dit alors à voix haute.

Si la voix de l’officiant n’est pas assez forte pour se faire entendre parmi le chœur des fidèles, l’officiant attend quelque peu, jusqu’à ce que la majeure partie de l’assemblée ait terminé de réciter le verset, et que le volume sonore de cette récitation diminue un peu ; il commence alors à réciter le verset. De cette façon, il réunira deux avantages : d’une part, tout le monde pourra l’entendre, et d’autre part, dans la mesure où certains fidèles n’auront pas terminé la récitation du verset, il dira lui-même ce verset avec eux, parmi les voix du minyan.

Dans le cas où l’assemblée est si grande que la voix de l’officiant ne peut se faire entendre à moins d’attendre que tous les fidèles aient terminé de réciter le verset, il y a différentes opinions sur la conduite à tenir. Certains disent que l’essentiel est de dire les versets de la Qédoucha avec le public, et que l’on s’efforce simplement d’être entendu d’au moins dix fidèles. D’autres disent que l’essentiel est de pouvoir être entendu de tous, et qu’il ne faut pas craindre d’avoir à prononcer les versets, même si ce n’est pas de concert avec dix Juifs. En effet, puisqu’il s’agit de l’officiant, et dès lors qu’il se trouve un minyan pour l’écouter, les versets récités par cet officiant sont considérés comme récités au sein du minyan. Aussi l’officiant attendra-t-il de pouvoir faire entendre sa voix à tous. En pratique, chaque coutume a sa raison d’être[7].


[7]. Selon le Béour Halakha 125 (אלא), si l’officiant commence à dire le verset alors que l’assemblée n’a pas terminé de le prononcer, on considère que le verset est dit par l’officiant au sein du minyan, bien que la simultanéité ne soit pas entière entre l’officiant et l’ensemble de l’assemblée. Mais l’auteur est hésitant dans le cas où, même de cette façon, on ne peut entendre l’officiant : celui-ci pourra-t-il dire les versets après que l’assemblée aura terminé de les réciter ? Peut-on considérer que, si l’officiant les récite à voix haute, c’est bien pour acquitter les auditeurs de leur obligation et que, par conséquent, il n’est pas nécessaire de les réciter de concert avec dix fidèles, mais il suffit d’être entendu par dix fidèles ? Le Béour Halakha n’a pas tranché. Selon le recueil de responsa Divré Yossef (13), l’officiant doit dire les versets de concert avec l’assemblée. Selon les responsa Beit Yehouda 2, 3, on n’est pas pointilleux sur ce point, et c’est ce que laisse entendre Igrot Moché (Ora’h ‘Haïm 3, 4). Cf. Chéérit Yossef III p. 136, Iché Israël 24, 25 et notes.

Lorsqu’on récite la ‘Amida et que l’on s’interrompt pour pouvoir écouter l’officiant prononcer la Qédoucha, conformément aux indications du Choul’han ‘Aroukh 104, 7, mais que l’on ne parvient pas à entendre l’officiant, le Levouché Mordekhaï I 17 recommande de reporter son écoute sur l’un des fidèles qui récitent les versets. Cependant, nombreux sont ceux qui pensent que, puisque les fidèles qui répondent à l’officiant n’ont pas l’intention d’acquitter de leur obligation ceux qui sont encore au milieu de leur ‘Amida, reporter son écoute sur un membre du chœur ne serait pas utile. Aussi, ajoutent-ils, si l’on n’entend pas l’officiant, il vaut mieux continuer de réciter sa ‘Amida. C’est ce qu’écrit le Kaf Ha’haïm 104, 36 et c’est ce qui ressort d’Igrot Moché.

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