04. L’interdit de passer devant des personnes qui récitent la ‘Amida

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Il est interdit de passer devant une personne qui est en train de réciter la ‘Amida, jusqu’à une distance de quatre amot (coudées). En effet, le fait de passer devant elle risque de la déconcentrer dans sa prière. Certains disent que la raison de l’interdit est que la personne en prière se tient devant la Présence divine, et que celle qui passe devant elle attente à l’honneur dû à la Présence divine (La Prière d’Israël 17, note 16).

Les décisionnaires s’opposent sur la question du champ de l’interdit. Selon le Elya Rabba, l’interdit ne porte que sur le fait de passer véritablement en face de la personne, car ce n’est que dans ce cas qu’on la déconcentre dans sa prière. En d’autres termes : la largeur d’une personne est environ de la moitié d’un mètre ; il ne faut donc pas passer dans ce demi-mètre situé face à la personne, ce jusqu’à une distance de quatre amot (environ deux mètres) en avant. Selon le Maguen Avraham, en revanche, il est interdit de passer à quelque endroit que puisse voir la personne, dans un rayon de quatre amot ; en effet, si l’on passe là, on risque de détourner quelque peu l’attention de la personne en prière.

Les décisionnaires discutent encore un autre point : selon le Elya Rabba, il est permis de se déplacer latéralement et de venir se tenir devant la fidèle en prière (en lui tournant le dos). Ce n’est que si l’on traverse les quatre coudées qui s’étendent face à la fidèle que l’on dérange celle-ci dans sa prière ; mais si l’on vient de côté et que l’on reste devant elle, on ne la dérange pas tellement. D’après le Maguen Avraham, il est interdit d’entrer dans les quatre amot qui s’étendent devant la fidèle en prière.


A priori, il faut être rigoureux, conformément à l’opinion du Maguen Avraham. En cas de besoin, on peut être indulgent et suivre l’avis du Elya Rabba : on peut alors passer à côté de la fidèle en prière, ainsi que se déplacer latéralement pour venir se tenir devant elle. Par conséquent, si l’on est en retard à l’office, il est permis de passer à côté d’une fidèle pour rejoindre sa place ; mais si l’on doit pour cela passer à côté de plusieurs fidèles, on s’en abstiendra, car il est presque certain que l’on dérangerait au moins l’une d’entre elles (La Prière d’Israël 17, 17).

Dans un cas de très grande nécessité, quand il n’y a pas d’autre choix, il est même permis de passer devant la fidèle qui récite sa ‘Amida : par exemple, si l’on doit donner un cours de Torah, il sera permis de passer devant la fidèle ; de même, si l’on est très pressé, par exemple si l’on craint de rater son bus ou autre moyen de transport, on pourra passer devant la fidèle en prière.

Si une fidèle, pour réciter la ‘Amida, se tient dans un lieu de passage, on n’est pas tenu de prendre en compte le fait qu’elle n’a pas achevé sa prière. Puisque cette fidèle a dérogé à la règle en se tenant à un endroit où elle dérange le passage de celles qui entrent et sortent, il est permis, en cas de besoin, de passer devant elle (op. cit. note 18).

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