03. Le souvenir de la sortie d’Egypte

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C’est une mitsva de la Torah que de se souvenir de la sortie d’Egypte chaque jour, comme il est dit (Dt 16, 3) : « Afin que tu te souviennes du jour de ta sortie de la terre d’Egypte tous les jours de ta vie ». De l’insistance de la Torah sur le mot kol (« tous les jours de ta vie »), nous apprenons que la mitsva de se souvenir de la sortie d’Egypte s’applique le jour et la nuit (Berakhot 12b)[b]. On peut accomplir la mitsva en disant l’un quelconque des versets de la Torah qui mentionnent la sortie d’Egypte ; de même, on peut accomplir la mitsva en mentionnant la sortie d’Egypte dans sa langue maternelle. Mais les sages ont institué la lecture du paragraphe Vayomer dans le cours de la récitation du Chéma, cela pour deux raisons : d’une part, ce paragraphe mentionne la mitsva des tsitsit, qui rappelle l’ensemble des mitsvot ; d’autre part, la sortie d’Egypte y est mentionnée. Aussi a-t-on l’usage de lire le paragraphe Vayomer également la nuit. Il est vrai que, du point de vue des tsitsit, il n’y aurait pas lieu de réciter ce paragraphe la nuit (puisque le port des tsitsit n’est une mitsva que de jour) ; mais du point de vue de la sortie d’Egypte, il y a de toute façon lieu d’en faire la lecture la nuit (cf. Berakhot 14b ; Kessef Michné, lois du Chéma 1, 2-3).

Il existe une différence entre la mitsva de lecture du Chéma et la mitsva du souvenir de la sortie d’Egypte. En effet, on ne peut accomplir la mitsva de lecture du Chéma du matin que durant les trois premières heures du jour, car c’est durant ce laps de temps que les gens se lèvent ; tandis que la mitsva de se souvenir de la sortie d’Egypte durant le jour peut s’accomplir tout le temps qu’il fait jour. Simplement, conformément au décret des sages consistant à lire les trois paragraphes du Chéma, nous accomplissons la mitsva du souvenir de la sortie d’Egypte simultanément avec celle de lire le Chéma. Dans la bénédiction Emet véyatsiv, qui suit le Chéma du matin, et dans la bénédiction Emet véémouna qui suit le Chéma du soir, on rappelle également la sortie d’Egypte. Celui qui les récite s’acquitte donc de la mitsva de se souvenir de la sortie d’Egypte, même s’il ne lit pas le Chéma.

En ce qui concerne les femmes : selon certains avis, puisque la mitsva de mentionner la sortie d’Egypte se prolonge, de façon continue, le jour et la nuit, elle ne peut être considérée comme une mitsva conditionnée par le temps ; aussi les femmes y sont-elles tenues. Par conséquent, celles-ci doivent réciter chaque jour, lors de la prière du matin, la bénédiction Emet véyatsiv et, lors de la prière du soir, la bénédiction Emet véémouna (Maguen Avraham). Toutefois, selon la majorité des décisionnaires, puisqu’il existe une mitsva particulière de rappeler la sortie d’Egypte le jour, et une mitsva particulière de la rappeler la nuit, il s’agit bien d’un commandement conditionné par le temps ; aussi les femmes en sont-elles exemptées (Chaagat Aryé 13, Michna Beroura 70, 2).

Quoi qu’il en soit, celle qui voudra accomplir cette mitsva sera bénie pour cela. En ce cas, il est préférable d’accomplir la mitsva en récitant la bénédiction Emet véyatsiv. En effet, le troisième paragraphe du Chéma (Vayomer) est lié à la mitsva des tsitsit dont les femmes sont exemptées, tandis que le thème de la bénédiction Emet véyatsiv, la Délivrance d’Israël, appartient aux hommes comme aux femmes. De plus, si l’on récite la ‘Amida immédiatement après, on aura le grand avantage de juxtaposer la mention de la Délivrance à la prière (cf. ci-après, § 13).


[b]. Berakhot 12b : « Ben Zoma a expliqué, à propos du verset “Afin que tu te souviennes du jour de ta sortie de la terre d’Egypte tous les jours de ta vie”: “L’expression les jours de ta vie désigne les jours ; l’ajout de tous dans tous les jours de ta vie vient inclure également les nuits.” » Cf. chap. 18 § 2.
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