14. Interruption pendant le Chéma ou ses bénédictions

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Afin d’éviter haine et affronts, les sages ont permis de dire bonjour – alors même que l’on est en train de réciter le Chéma ou ses bénédictions – à une personne à l’endroit de laquelle la politesse oblige d’observer de tels égards (Choul’han ‘Aroukh 66, 1). Toutefois, les décisionnaires écrivent que, dans la mesure où il est admis, de nos jours, de ne pas s’interrompre au milieu de la prière, les personnalités distinguées elles-mêmes ne se sentent pas offensées par le fait qu’on ne leur adresse pas son bonjour. Dès lors, il n’est plus permis de s’interrompre au cours du Chéma ou de ses bénédictions pour adresser son bonjour à un homme distingué ou à un homme auquel on doit de la déférence (Michna Beroura 66, 2 d’après Séfer Ha’hinoukh). Toutefois, s’il se présente un homme qui ne connaît pas la valeur de la prière, et qui risque d’être offensé si l’on s’abstient de lui répondre, il est permis de lui adresser son bonjour. De même, quand les parents d’une ba’alat-techouva[j] ne saisissent pas la valeur de sa prière, la ba’alat-techouva est autorisée à leur dire bonjour, mais elle ne leur parlera pas davantage. Cependant, quand on récite le verset Chéma Israël et la phrase Baroukh chem…, il ne faut pas du tout s’interrompre, et ce n’est que dans le cas d’un danger pour l’intégrité physique d’une personne que l’on y est autorisé.

Il est permis de s’interrompre par des paroles au cours de la récitation du Chéma ou de ses bénédictions afin de s’éviter un dommage corporel ou une perte pécuniaire. Dans un tel cas, il est préférable de s’interrompre entre les paragraphes ou entre les bénédictions (cf. Béour Halakha 66, 1).

Si l’on voit sa camarade transgresser un interdit, alors qu’on est soi-même en train de lire le Chéma et ses bénédictions, on lui fera un signe afin de la détourner de cette transgression. Si l’allusion n’est pas comprise, on s’interrompra par des paroles afin de détourner son prochain de la transgression. En effet, si les sages ont autorisé de s’interrompre au milieu de la lecture du Chéma ou de ses bénédictions en l’honneur d’un être de chair et de sang, à plus forte raison est-ce autorisé en l’honneur du Ciel (Ritva ; Kaf Ha’haïm 66, 7).

Il est permis de s’interrompre au milieu des bénédictions du Chéma afin de pouvoir répondre, dans le cadre d’un office public, à certaines paroles consacrées (devarim chébiqdoucha) énoncées par l’officiant, telles que le Qaddich ou la Qédoucha ; ces règles seront exposées plus loin (chap. 20 § 9-10).


[j]. Ba’alat-techouva: « repentante », Juive qui vient ou revient à la pratique des mitsvot après en avoir été éloignée (masculin : ba’al-techouva).
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