10. Don fait en souvenir du demi-sicle

On a coutume de faire un don aux œuvres (tsédaqa), durant le mois d’adar, en souvenir du demi-sicle (zékher lé-ma’hatsit ha-shekel), que nos ancêtres donnaient en adar pour les besoins des sacrifices publics. Le moment le plus approprié pour faire ce don est celui qui précède l’office de Min’ha du jeûne d’Esther, afin que la tsédaqa se joigne au jeûne, contribuant à l’expiation (Michna Beroura 694, 4, Kaf Ha’haïm 25).

Certains ont coutume de donner la moitié de l’unité monétaire en usage dans le pays où l’on se trouve ; d’autres ont coutume de donner trois fois la moitié de ladite monnaie, ce qui correspond aux trois occurrences du mot térouma (prélèvement) dans la paracha Cheqalim (Rama 694, 1). De nos jours, la monnaie en usage en Israël est le shekel, de sorte que, suivant cet usage, il faut donner trois pièces d’un demi-shekel.

D’autres ont coutume de donner la contre-valeur du demi-sicle antique, c’est-à-dire la contre-valeur de 10 grammes d’argent pur (Kaf Ha’haïm 694, 20). Toutes ces coutumes sont valides ; et celui qui ajoute à la mitsva de tsédaqa sera béni pour cela.

Selon certains auteurs, cette coutume s’applique aux hommes âgés de vingt ans et plus : c’est à eux que s’appliquait l’obligation du demi-sicle (Rama). D’autres estiment que les jeunes de treize ans et plus doivent observer cette coutume (Tossephot Yom Tov). D’autres encore pensent qu’il est juste de donner, en souvenir du demi-sicle, une contribution pour le compte des enfants également (Elya Rabba, Michna Beroura 694, 5). Enfin, certains auteurs estiment qu’il est juste que les femmes, elles aussi, offrent une tsédaqa en souvenir du demi-sicle (Kaf Ha’haïm 694, 27). Tel est l’usage de nos jours : on donne au moins un demi-shekel pour chacun des membres de la famille, et même pour le fœtus dans le ventre de sa mère.

Il ne faut pas comptabiliser cette tsédaqa parmi la dîme d’argent que l’on prélève sur ses revenus (ma’asser kessafim), car on n’est pas autorisé à accomplir les mitsvot et coutumes auxquelles on est obligé en prenant, à cette fin, une part de la dîme que l’on doit verser. Toutefois, si l’on a coutume, pour s’acquitter de sa contribution en souvenir du demi-sicle, de se conformer à l’usage rigoureux, et que, pour l’heure, on se trouve dans la gêne, de sorte qu’il soit difficile de respecter sa coutume sans s’aider de l’argent réservé pour sa dîme, on sera autorisé à donner un demi-shekel par homme âgé de vingt ans ou plus, conformément à l’opinion indulgente, somme prise sur son propre budget ; quant aux autres membres de la famille, on pourra verser leur part en la prélevant sur l’argent de sa dîme.

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