01. Construire, détruire, porter le dernier coup de marteau : principes généraux

La mélakha de construire (boné), c’est le travail par lequel on érigea le Tabernacle. Parmi les aspects de ce travail, nous trouvons l’aplanissement du terrain afin d’y faire tenir le Tabernacle, et afin qu’il soit confortable pour les personnes de marcher sur le parvis du Sanctuaire ; de même, la pose des murs du Tabernacle, son recouvrement par le toit, ainsi que la fixation de la cloison du parvis.

Le Chabbat, quiconque exécute une construction, sur le sol ou sur un immeuble, ou qui y ajoute un quelconque élément, enfreint un interdit toranique. Par conséquent, si l’on bouche un petit trou qui se trouvait dans un mur, ou si l’on remplit un petit creux qui se trouvait dans une cour, ou encore si l’on ajoute à un mur du ciment ou du plâtre, ou bien encore si l’on hydrate une coulée de béton pour la consolider, on transgresse un interdit de la Torah (Chabbat 102b, 73b).

Toute chose dont l’exécution est interdite au titre de la mélakha de construire, la Torah interdit également de la détruire, au titre de la mélakha de démolir (soter) ; cela, pour peu qu’il y ait une utilité à entreprendre cette démolition. En revanche, une démolition entreprise dans le seul but de détruire n’est interdite que rabbiniquement. Qu’appelle-t-on démolition présentant une utilité ? C’est le fait de démolir afin de reconstruire de meilleure façon, ou de creuser une fosse dans la terre afin d’y poser des fondations, ou encore de percer un trou dans un mur afin d’y fixer une vis (Chabbat 31b, Maïmonide 10, 15).

Parfois, c’est la démolition même qui présente une utilité directe ; dans un tel cas, bien que cette démolition ne soit pas entreprise afin de permettre une construction, on enfreint par elle l’interdit de construire ; par exemple, si l’on enlève un surplus de ciment qui est collé au sol ou au mur, ou si l’on creuse une fosse afin d’y cacher des affaires, ou encore si l’on fait un trou dans un mur afin d’y enfouir des objets (Chabbat 102b).

On trouve encore une autre mélakha liée à la construction d’immeubles et d’ustensiles : c’est celle qui est appelée maké bépatich, littéralement « frapper avec un marteau », c’est-à-dire exécuter dans un ouvrage le travail de finition. Par exemple, une fois achevée la construction d’une maison, il arrive qu’il reste dans le mur des pierres saillantes ; on frappe alors sur elles à l’aide d’un marteau, afin d’égaliser le mur. De même, quand on fabriquait un ustensile de métal, il arrivait qu’il y restât des aspérités ; on frappait le métal avec un marteau pour l’aplanir. Parmi les dérivés de cette mélakha, on trouve la réparation d’ustensiles abîmés, ou le fait d’apporter des améliorations à des ustensiles dont la fabrication est terminée ; de même, pratiquer une fenêtre dans un mur afin que l’air et la lumière y pénètrent (Maïmonide 10, 16). Dans le Talmud (Chabbat 102b), il arrive que les sages soient partagés quant au fait de savoir si tel ou tel acte est interdit au titre de boné (construire) ou au titre de maké bépatich (exécuter un travail de finition). Nous ne nous étendrons pas à ce sujet, car notre propos essentiel, dans ce livre, est d’étudier ce qui est permis et ce qui est interdit, par la Torah et par les sages.

La Torah interdit de faire du fromage, le Chabbat, parce qu’au cours de l’opération, les fragments de fromage s’agrègent et s’unissent les aux autres, ce qui est caractéristique d’une construction (Maïmonide 7, 6). De même, il est interdit de faire, le Chabbat, une boule de neige ou un bonhomme de neige ; toutefois, puisque ces ouvrages de neige ne sont pas destinés à se maintenir, l’interdit est de rang rabbinique.

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