05.Sortie de la souka

Il ne faut pas détruire la souka avant la fin de la fête de Soukot. Celui-là même qui a terminé son repas de Hocha’na rabba, et qui n’a pas l’intention de dormir au cours de la journée, s’abstiendra de défaire sa souka. Car la mitsva d’habiter la souka se prolonge jusqu’à l’achèvement du jour[e] ; et si l’on souhaitait étudier ou converser, ce serait une mitsva que de le faire dans la souka. Mais environ deux heures et demie avant le coucher du soleil, il est permis d’ôter les meubles placés dans la souka, à l’approche de Chemini ‘atséret (Choul’han ‘Aroukh 666, 1).

Il convient de demeurer dans la souka quand approche la fin de Hocha’na rabba, afin de s’abriter autant que faire se peut à l’ombre de la mitsva dont nous sommes sur le point de nous séparer pour une année entière. Certains ont coutume d’embrasser la souka au moment de se séparer d’elle, à la fin de Hocha’na rabba (Chné Lou’hot Habrit, Michna Beroura 477, 5). Certains ont coutume de réciter des prières de séparation, comme il apparaît dans les livres de prière (Rama 667, 1).

Le sekhakh de la souka, ses parois et ses décorations, sont réservés (mouqtsé) à la mitsva dont ils sont l’objet ; jusqu’à la fin de la fête, il est donc interdit de s’en servir pour quelque autre besoin. Certes, le huitième jour, il n’y a plus de mitsva de résider sous la souka ; mais puisque l’interdit s’étend jusqu’à la fin du crépuscule du septième jour, et qu’alors commence immédiatement le huitième jour, l’interdit s’étend jusqu’à la fin du huitième jour (Choul’han ‘Aroukh 667, 1 ; cf. ci-dessus, chap. 2 § 16).

Puisque le sekhakh, les parois et les décorations ont le statut de tachmiché mitsva (objets servant à l’accomplissement d’une mitsva), il n’est pas nécessaire de les enfouir à la gueniza ; mais il est interdit de les déconsidérer, par exemple en utilisant le papier des décorations pour les toilettes, ou de marcher sur les bois de la souka d’une façon irrespectueuse (Michna Beroura 638, 24).

Il est interdit de manger dans la souka le huitième jour[f] ; quiconque y mange au nom de la mitsva, un jour autre que les sept jours de Soukot, enfreint un interdit toranique, comme il est dit : « Toute la parole que Je vous ordonne, c’est elle que vous garderez pour l’accomplir ; tu n’y ajouteras pas, et tu n’en retrancheras rien » (Dt 13, 1). Et même si l’on n’a pas l’intention d’accomplir en cela la mitsva de la souka, il est rabbiniquement interdit d’y manger le huitième jour, car on semblerait avoir l’intention d’ajouter à la mitsva. Si l’on n’a pas d’autre endroit pour manger, on devra, avant le huitième jour, retirer du sekhakh de la souka une partie de quatre téfa’him sur quatre (environ 32 cm sur 32) ; cela, afin de ne pas paraître ajouter à la mitsva. De cette façon, il sera visible que l’on n’est pas intéressé par le sekhakh.

La crainte de paraître avoir l’intention d’ajouter à la mitsva se rapporte au huitième jour seulement. En revanche, ceux qui souhaitent manger dans la souka après le huitième jour n’auront pas besoin d’enlever une partie du sekhakh, puisqu’il ne sera pas à craindre que les tiers leur prêtent l’intention d’ajouter à la mitsva (Rama 666, 1).

En diaspora, on mange encore dans la souka le huitième jour, car ce jour est considéré, pour les Juifs de diaspora, comme douteux, possiblement septième (sfeq chevi’i) ; pour autant, on ne récite pas la bénédiction Leichev ba-souka, puisque l’on y applique les lois du Yom tov de Chemini ‘atséret – de sorte que, si l’on récitait la bénédiction sur la souka, on suivrait des usages contradictoires (Souka 47a, Choul’han ‘Aroukh 668, 1 ; cf. Mo’adim – Fêtes et solennités juives II 9, note 4).

Mais le neuvième jour, appelé en diaspora Sim’hat Torah, il est interdit de manger dans la souka, car celui qui y mangerait alors paraîtrait vouloir ajouter à la mitsva. Si l’on n’a pas d’autre lieu pour manger, on ne pourra retirer une partie du sekhakh avant le neuvième jour, en raison de l’interdit de détruire (soter) pendant Yom tov. Pour ne pas sembler transgresser l’interdit de bal tossif (ajouter au nombre des mitsvot), on introduira donc dans la souka des casseroles et des assiettes sales, choses qu’il est interdit de faire pendant Soukot ; par ce biais, il sera manifeste que l’on n’a point l’intention de s’installer là au titre de la mitsva de souka (Choul’han ‘Aroukh 666, 1).

 


[e]. En Israël, on revient à la maison dès le commencement de Chemini ‘atséret. 

[f]. En Israël. La règle applicable en diaspora sera exposée dans la suite du texte.

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