03.La ‘havata, battage des branches de saule

C’est une coutume juive (minhag Israël) que de prendre des branches de saule, le septième jour de Soukot, en souvenir du Temple, et de les frapper sur la terre ou sur un objet, comme les prophètes en ont initié l’usage à l’époque du Temple (Maïmonide, Hilkhot loulav 7, 22). Les Amoraïm sont partagés quant au fait de savoir si les prophètes instituèrent le battage des saules en tant que décret (taqana), pour lequel une bénédiction serait à réciter, ou comme simple coutume sur laquelle ne se récite pas de bénédiction (Souka 44a-b et Rachi ad loc.). En pratique, il a été tranché qu’il s’agit d’une coutume, pour laquelle on ne récite pas de bénédiction (Choul’han ‘Aroukh 664, 2).

La longueur de la branche doit être de trois téfa’him au moins, comme celle que l’on joint au loulav. Si l’on s’en tient à la stricte obligation, on peut se contenter d’une seule branche de saule pour accomplir la ‘havata. Mais de nos jours, on a l’usage, d’après Rabbi Isaac Louria, de prendre cinq branches (Choul’han ‘Aroukh 664, 4, Michna Beroura 16). Certains auteurs préféraient ne pas assembler les cinq branches ; d’autres recommandaient de les attacher ensemble, et tel est l’usage (Michna Beroura 664, 17, Kaf Ha’haïm 35).

Pour la mitsva des quatre espèces, si la branche de saule a perdu la majorité de ses feuilles, elle n’est plus valide ; mais pour la coutume de la ‘havata, il suffit qu’il reste une feuille sur la branche. Néanmoins, il ne convient pas d’être indulgent en la matière : il est juste de donner à la mitsva un supplément de perfection, et d’accomplir la ‘havata avec de belles branches de saule, qui seraient cachères pour figurer dans le loulav (Choul’han ‘Aroukh et Rama 664, 4, Kaf Ha’haïm 664, 34).

A priori, on a coutume de prendre, pour la ‘havata, des branches de saule nouvelles, qui n’ont pas encore été frappées sur le sol. Mais si l’on s’en tient à la stricte obligation, de nombreuses personnes peuvent accomplir la mitsva avec les mêmes branches. En effet, la ‘havata ne les invalide pas ; et tant que la longueur des branches est de trois téfa’him, et qu’il reste à chacune une feuille, d’autres personnes peuvent accomplir avec elles cette mitsva coutumière.

On frappe les branches de saule deux ou trois fois sur la terre, ou sur un objet (Maïmonide, Choul’han ‘Aroukh 664, 4). Selon Rabbi Isaac Louria, on a coutume de frapper les branches cinq fois sur la terre. Certains A’haronim écrivent qu’il est bon de frapper d’abord les branches sur le sol, conformément à la coutume de Rabbi Isaac Louria, puis sur des objets, tels que des bancs, car certains décisionnaires pensent qu’il est souhaitable que des feuilles se détachent pendant la ‘havata ; or si l’on frappe les branches sur des objets, les feuilles se détachent davantage (Bekhori Ya’aqov 664, 16, Michna Beroura 19). Ceux qui appliquent avec précision les coutumes de Rabbi Isaac Louria ont soin de frapper les branches cinq fois sur la terre même, et non sur un sol carrelé ; ils veillent également à ce que les branches restent potentiellement valides pour être adjointes au loulav, ce jusqu’à la fin de la ‘havata (Kaf Ha’haïm 664, 37).

On a coutume de ne pas prendre les quatre espèces et le bouquet de saules ensemble : on accomplit les sept haqafot avec les quatre espèces seulement ; puis on continue de réciter avec elles des poèmes et des prières. Après cela, on dépose les quatre espèces et l’on prend le bouquet de saules. Alors, on récite encore quelques poèmes et prières, puis on frappe ces branches de saule (Rama 664, 7 ; Michna Beroura 26, d’après Rabbi Isaac Louria ; Kaf Ha’haïm 32). La coutume yéménite, en revanche, est de tenir, pendant les haqafot de Hocha’na rabba, aussi bien le loulav que le bouquet de saules (c’est aussi ce qu’écrit le Choul’han ‘Aroukh 664, 3).

On ne s’acquitte pas de son obligation avec une des branches de saule composant le bouquet du loulav, car, tant que cette branche est assemblée au loulav, il n’y a pas de possibilité d’accomplir avec elle la mitsva de la ‘havata. Mais si, après avoir fait la mitsva de nétilat loulav, on extrait la branche de saule du bouquet du loulav, on peut accomplir par elle la mitsva de ‘havata (Choul’han ‘Aroukh 664, 5, Michna Beroura 21).

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