04.Les quatre espèces et les branches de saule après la fête

Comme nous l’avons vu (chap. 5 § 8), les quatre espèces sont réservées à la mitsva dont elles sont l’objet (elles sont mouqtsé), et tout au long des sept jours il est interdit d’en faire une utilisation ordinaire. Par conséquent, même après avoir accompli la mitsva de nétilat loulav à Hocha’na rabba, il demeure interdit de manger le cédrat et de sentir le parfum des myrtes (toutefois, si l’on avait émis d’avance cette condition, c’est permis). Dès le moment où le septième jour s’achève, l’interdit expire, et les quatre espèces sont autorisées à la consommation et à la jouissance (Tossephot sur Souka 10b, passage commençant par ‘Ad ; Béour Halakha 665, 1, passage commençant par Etrog).

Si l’on n’en a pas besoin, on peut, dès le septième jour après avoir accompli la mitsva, les déposer dans sa cour, ou en tout endroit où l’on dépose des branchages coupés ou des herbages. En effet, puisque ces végétaux ont le statut de tachmiché mitsva (objets servant à l’accomplissement d’une mitsva), et non de tachmiché qedoucha (objets servant à l’accomplissement d’une mitsva et dotés d’une sainteté), il n’est pas nécessaire de les enterrer dans un dépôt de tels objets usagés (gueniza). Toutefois, on ne les mettra pas dans une poubelle sale, ni en un endroit où tout le monde marche : puisqu’une mitsva a été faite par le biais de ces objets, il est interdit de les déconsidérer (Choul’han ‘Aroukh 664, 8).

S’agissant des branches de saule que l’on a frappées sur le sol (les hocha’not), certains ont pris l’usage de les cacher au-dessus de l’arche sainte de la synagogue. Peut-être cet usage est-il motivé par le souci que ces branches ne soient pas jetées hors de la synagogue, et que l’on n’en vienne pas, par suite, à marcher dessus et à les déconsidérer. Mais en pratique, il est préférable de préserver l’honneur de l’arche sainte, et de déposer les branches de saule sur les côtés de sa cour, ou en un endroit où l’on dépose des branchages coupés. Certains ont coutume de garder les branches de saule jusqu’à Pessa’h, afin de brûler par leur biais le ‘hamets, ou de cuire par elles les matsot (Rama 664, 9). D’autres ont l’usage de les déposer chez eux, ou dans leur cour, comme objet propice à la protection.

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