05.Clôture du cycle de lecture toranique

Toutes les communautés juives ont coutume de lire, à chaque Chabbat, une paracha (section de la Torah), et de clore la lecture du Pentateuque à Chemini ‘Atséret[b]; et c’est à ce propos que ce jour-là est aussi appelé Sim’hat Torah. Pour achever la lecture de toute la Torah en une année, on lit, environ quatre Chabbats par an, deux parachot ; et les années embolismiques, où un treizième mois est ajouté, on ne lit qu’une paracha à chaque Chabbat[2].

Certes, les autres jours de Yom tov, on appelle à la Torah cinq personnes ; mais ce jour-là, on divise la paracha Vézot haberakha [c] en sept parties. Bien plus : en l’honneur de l’achèvement de la lecture toranique, il est de coutume d’appeler à la Torah tous les fidèles présents. À cette fin, on répète plusieurs fois les cinq premières montées (‘alyot), jusqu’à ce que tous les fidèles présents aient été appelés, à l’exception de quatre personnes destinées à être appelées ensuite : les deux premières pour lire les deux dernières montées, la troisième pour lire le début de Béréchit [d], première paracha de la Torah, la quatrième en tant que maftir (lecteur de la haftara).

A priori, chaque fois que l’on répète la lecture de la paracha, on la lit suivant l’ordonnancement d’usage : le premier appelé est un cohen, le second un lévi, les trois suivants des Israélites. S’il est nécessaire d’appeler des cohanim ou des léviim supplémentaires, on les fait monter également en tant que quatrième et cinquième. Si c’est possible, il est préférable, en ce cas, de les appeler suivant l’ordre d’usage : le cohen en quatrième, le lévi en cinquième (Michna Beroura 135, 37). Dans le cas où sont présents de nombreux cohanim et des léviim en petit nombre, on pourra, chaque fois que recommencera la lecture de la paracha, appeler un cohen pour la première montée, un Israélite pour la deuxième (Méchiv Davar II 48). Si tous les cohanim et léviim ont déjà été appelés, on appellera des Israélites pour les cinq parties de la paracha.

Quand les fidèles sont nombreux dans la synagogue, il est d’usage, au moment de la lecture de la Torah, de se diviser en plusieurs minyanim, afin de raccourcir le temps nécessaire pour faire monter tout le monde ; ensuite, tous les groupes se rassemblent pour les dernières montées, par lesquelles on achève la lecture de la Torah.

Ce jour-là, on a également coutume d’appeler à la Torah les petits enfants, qui ne sont pas encore parvenus à l’âge des mitsvot. La coutume courante est de faire monter séparément chaque enfant qui sait réciter les bénédictions de la Torah et lire en silence les versets de sa montée, tandis que le lecteur (le ba’al qria) les chante à voix haute. Quant aux enfants qui ne sont pas encore arrivés à cette compétence, on les fait monter avec l’un des notables de la communauté : c’est la montée dite de « tous les enfants » (kol hane’arim). C’est ce fidèle qui récitera les bénédictions, lentement et à haute voix, tandis que les petits répéteront après lui, mot par mot. Cette montée est l’avant-dernière, et commence par le mot me’ona (« Refuge »). Aussi nomme-t-on le fidèle qui y est appelé le ‘hatan Me’ona.

Par l’appel de tous les fidèles au séfer-Torah, nous montrons que chaque Juif a part à la Torah, du plus âgé au plus jeune, de l’érudit à l’homme simple.


[b]. En diaspora, le second jour de fête (cf. fin du § précédent).

[2]. À l’époque talmudique, il existait deux coutumes, quant à l’ordre de lecture de la Torah : en terre d’Israël, on terminait toute la lecture du Pentateuque en trois ans, tandis qu’en Babylonie, on achevait le cycle en un an. Au cours du temps, la coutume se répandit de clore chaque année la lecture de la Torah, si bien que, à l’époque des Richonim, toutes les communautés juives avaient adopté l’usage d’achever cette lecture, chaque année, à Chemini ‘atséret (Maïmonide, Téphila 13, 1).

[c]. Dt 33, 1 – 34, 12.

[d]. Récit de la Création (Gn 1, 1 – 2, 3).

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