06. Quand des médicaments doivent être administrés de manière continue

Si l’on a commencé, avant Chabbat, à prendre un médicament que l’on doit s’administrer sans interruption un certain nombre de jours, de sorte que, si l’on s’abstenait de le prendre le Chabbat, on porterait atteinte à son influence, on sera autorisé à poursuivre le traitement pendant Chabbat. En effet, certains décisionnaires estiment que le décret des sages ne s’applique en rien aux médicaments que l’on a commencé de prendre avant Chabbat (Rabbi Chelomo Kluger). Quand il s’agit de médicaments fabriqués industriellement, on peut a priori s’appuyer sur leur opinion, et prendre le traitement, en dehors même des cas de douleurs.

De même, une femme qui prend une pilule anticonceptionnelle, ou une pilule pour faciliter la conception, peut continuer de la prendre le Chabbat.

Si l’on a l’habitude de prendre des vitamines tous les jours pour renforcer sa santé, ou des comprimés amincissants, on est autorisé à continuer de les prendre le Chabbat[4].


[4]. Certains décisionnaires autorisent à toute personne ayant commencé un traitement médicamenteux avant Chabbat de le poursuivre pendant Chabbat, car le décret des sages, selon eux, ne vise pas un tel cas. En effet, dès lors que l’on a commencé le traitement le vendredi, on préparera tout ce qui est nécessaire au Chabbat, et il n’est donc pas à craindre d’en venir à piler des plantes (R. Chelomo Kluger, Séfer Ha’haïm 328, 25). D’autres ne l’autorisent que lorsqu’on doit prendre le traitement sept jours d’affilée au moins, et qu’il serait préjudiciable de l’arrêter un jour (R. Chelomo Zalman Auerbach). Cf. Chemirat Chabbat Kehilkhata 34, note 77, Or’hot Chabbat 20, 124. Même si les médicaments n’étaient pas de fabrication industrielle, l’indulgence serait possible, puisque la controverse porte sur une norme rabbinique. À plus forte raison est-elle possible quand les médicaments sont les produits de l’industrie. À notre humble avis, même ceux qui ont l’habitude de prendre assez souvent des comprimés, tels que de l’aspirine ou autres choses de ce genre, sont autorisés à en prendre, même en cas de simple indisposition. En effet, ces médicaments sont toujours prêts, chez eux, la veille de Chabbat.

 

Selon le Choul’han ‘Aroukh 328, 37, il est permis à une personne bien portante d’ingérer un aliment que seuls les malades consomment pour leur guérison. Certains auteurs veulent inférer de cela qu’il est permis à une personne en bonne santé de prendre des vitamines ou des comprimés amincissants. Selon le Maguen Avraham et le Michna Beroura 120, si c’est pour renforcer sa santé que l’on prend des produits fabriqués pour les besoins de malades, c’est interdit. Le Igrot Moché, Ora’h ‘Haïm III 54 tient compte de leurs propos dans le cas d’une personne faible, mais permet à une personne bien portante de prendre de tels comprimés dans le but de ne pas tomber malade. C’est aussi ce qu’écrit le Halikhot ‘Olam IV (Tetsavé 41). Il semble qu’un malade qui souhaiterait être indulgent en la matière peut s’appuyer sur le Tsits Eliézer, qui permet cela en raison du fait que, de nos jours, on ne fabrique plus soi-même de médicaments. À plus forte raison lorsque l’on prend ces comprimés tous les jours, comme expliqué plus haut.

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