07. Règle applicable à la période de séparation (nida)

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Une femme nida[f] a l’obligation de réciter toutes les bénédictions et prières qu’elle dit habituellement, et est autorisée à étudier la Torah, car les paroles de la Torah ne contractent point d’impureté, comme il est dit : « Mes paroles ne sont-elles pas comparables au feu, dit l’Eternel ? » (Jr 23, 29) ; de même que le feu ne contracte pas l’impureté, ainsi les paroles de la Torah ne contractent pas l’impureté (Berakhot 22a).

Certaines femmes ont pris l’usage d’être rigoureuses durant leurs règles elles-mêmes, en ne se rendant pas à la synagogue et en ne touchant pas au rouleau de la Torah. Et bien que, si l’on s’en tient à la stricte obligation, il n’y ait pas là d’interdit, elles observent d’elles-mêmes un usage de détachement (perichout), en raison de l’honneur dû à la synagogue. Mais l’usage le plus répandu est que les femmes aillent à la synagogue, y compris durant leurs règles, et s’abstiennent seulement de regarder les lettres du rouleau de la Torah durant sa présentation (hagbaha)[5].

Signalons en passant qu’il existe différents usages concernant le fait pour une femme de se rendre au cimetière. Selon certains avis, il convient que les femmes ne se rendent pas du tout au cimetière ; selon d’autres, durant sa période de séparation (nida), et tant qu’elle ne s’est pas purifiée de son impureté, la femme ne doit pas se rendre au cimetière ; d’autres encore estiment qu’elle doit s’en abstenir uniquement durant sa période de règles (et non durant les sept jours qui suivent) ; d’autres enfin sont totalement indulgents. Certaines femmes s’abstiennent d’aller au cimetière quand elles sont enceintes ; d’autres n’ont pas l’usage de s’en abstenir. En pratique, chacune fera selon la coutume qui était observée dans sa famille ou dans celle de son mari. Et même celles qui ont l’usage d’être rigoureuses pourront, en cas de nécessité, être indulgentes. Par exemple, si une femme devait être peinée de ne pas se rendre sur le tombeau de ses parents le trentième jour suivant leur décès (chelochim), ou le jour anniversaire de leur décès (jahrzeit), ou encore si elle craint que des gens de sa famille ne se vexent de ce qu’elle ne se rende pas au cimetière, ou bien encore si elle craint que les autres ne devinent par là qu’elle est dans sa période de règles, elle pourra être indulgente. Si c’est possible, on s’efforcera de ne pas s’approcher des tombes[6].


[f]. Nida: statut de la femme durant sa période de séparation, qui comprend tous les jours des règles et la semaine qui suit leur expiration. Cette période s’achève par l’immersion au miqvé (bain rituel constitué d’une eau vive). Nida se dit aussi de la femme elle-même durant cette période de séparation. La jeune fille non mariée, dès l’apparition de ses premières règles, est constamment nida, puisque le miqvé lui est interdit.

[5]. Cf. Beit Yossef et Rama sur Ora’h ‘Haïm 88, Tsits Eliézer 10, 8, Ye’havé Da’at 3, 8, Taharat Habaït II p. 202-206. L’usage que j’ai mentionné, consistant à aller à la synagogue mais à s’abstenir de regarder le rouleau de la Torah durant la hagbaha est rapporté en pratique par le Michna Beroura 88, 7 et le Darké Tahara p. 57. Quand nous disons « durant leurs règles », nous visons la période de l’écoulement sanguin, et non de la période de sept jours qui la suit, comme le rapporte le Rama (réf. cit.). Certains auteurs estiment que, tant qu’il y a un écoulement sanguin, la femme ne récite ni bénédictions ni prières, et n’entre pas à la synagogue ; tel est l’avis du ‘Aroukh Hachoul’han 88, 2 et du Kaf Ha’haïm 11. Toutefois, en pratique, tant qu’il n’émane pas de ce sang une mauvais odeur, il n’y a pas d’interdit. Il est ainsi rapporté au nom du Gaon de Vilna, dans Ma’assé Rav 58 qu’il n’y a pas lieu d’être rigoureux en matière de sang menstruel comme on le serait en cas d’émission d’urine, car le statut du sang menstruel est comparable à celui du sang d’une blessure. Cf. Halikhot Beitah 11, 1-10, Michna Beroura 76, 15.

[6]. L’auteur du Darké Tahara (p. 57) écrit, en se fondant sur la tradition ésotérique, qu’il convient pour les femmes de ne pas aller au cimetière. Selon le Michna Beroura 88, 7, suivant en cela le ‘Hayé Adam, les femmes ne doivent pas aller au cimetière avant de s’être purifiées. Toutefois, les vierges et les veuves ont l’usage d’aller au cimetière, bien qu’elles ne s’immergent pas au bain rituel pour quitter leur statut de nida, et ce fait semble bien indiquer que les femmes ne s’abstiennent de se rendre au cimetière que durant les jours du flux, et non durant les sept jours suivants. Cf. Taharat Habaït II p. 206. Cf. aussi Berakhot 51a, au sujet des femmes qui reviennent d’un enterrement.

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