06. Coutumes et intentions liées à la lecture des cantiques

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En raison de la valeur particulière de la bénédiction Baroukh chéamar, qui fait allusion à des notions très élevés, on a l’usage de la réciter debout (Michna Beroura 51, 1 ; Kaf Ha’haïm 1). Selon l’usage ashkénaze, on se lève aussi pour la bénédiction Yichtaba’h, qui clôt les Pessouqé dezimra ; selon l’usage séfarade, on ne se lève pas pour cette dernière bénédiction (Rama 51, 7 ; Kaf Ha’haïm 42). On a également l’usage de se lever pour Vaïvarekh David (« David bénit l’Eternel aux yeux de toute l’assemblée »), jusqu’aux mots acher ba’harta bé-Avram (« … qui as choisi Avram », Ne 9, 7), en raison de l’honneur dû à la royauté d’Israël, fondée par le Roi David[4].

On récite les cantiques tranquillement, et non hâtivement (Choul’han ‘Aroukh 51, 8). En particulier, il faut se concentrer sur le psaume Tehila lé-David (Ps 145 précédé des deux versets commençant par achré). Nos sages disent que celui qui récite ce psaume chaque jour méritera le monde futur (cf. La Prière d’Israël 14, note 5), car les louanges qu’il contient sont rédigées dans l’ordre alphabétique[f], et parce que l’on y trouve l’important verset Potéa’h et yadékha : « Tu ouvres la main et rassasies volontiers tout être vivant » (verset 16 ; Berakhot 4b). Si l’on se souvient que l’on ne s’est pas concentré en récitant ce verset, Potéa’h et yadékha, on le répétera en se concentrant cette fois ; et même si l’on a déjà commencé la lecture d’autres louanges, on répétera ledit verset (Choul’han ‘Aroukh 52, 7 ; La Prière d’Israël 14, 3 note 5).

Dans la mesure où Baroukh chéamar est la bénédiction introductive aux Pessouqé dezimra et où Yichtaba’h en est la bénédiction conclusive, l’ensemble des Pessouqé dezimra forme une unité qu’il est interdit d’interrompre par des paroles. Toutefois, en cas de grande nécessité, par exemple pour éviter une perte financière, il est permis de s’interrompre par des paroles. De même, pour éviter de vexer autrui, il est permis de répondre à son bonjour (le Michna Beroura 51, 7 écrit que, dans de tels cas, on dira, avant et après l’interruption, les trois versets commençant par Baroukh Ado-naï, que l’on trouve avant Vaïvarekh David).

Si l’on a besoin d’aller aux toilettes alors que l’on est en train de réciter les Pessouqé dezimra – et quoique certains disent que, afin de ne pas interrompre leur lecture par la récitation de la bénédiction Acher yatsar, il vaut mieux repousser celle-ci après l’achèvement de sa prière –, il est préférable de réciter immédiatement Acher yatsar. En effet, si l’on repousse sa récitation après la prière, il est à craindre de l’oublier (La Prière d’Israël 14, note 6).


[4]. Suivant la coutume séfarade et sfard, on a aujourd’hui l’usage de se lever dès que l’on dit Hachem Mélekh, Hachem malakh etc. (« L’Eternel règne, l’Eternel a régné, l’Eternel règnera à jamais »), avant Baroukh chéamar. Cf. La Prière d’Israël 14, note 4.

[f]. Ce psaume est un acrostiche qui suit l’ordre de l’alphabet. L’ordre alphabétique exprime une idée de louange universelle, embrassant l’ensemble des moyens d’expression (Aboudraham).

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