01. La lecture de la section des sacrifices, pieux usage pour les femmes

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Selon certains avis, les femmes doivent, elles aussi, réciter le paragraphe du sacrifice perpétuel (Parachat hatamid, Nb 28, 1-8), car c’est en référence à ce sacrifice que la ‘Amida a été instituée ; or de même que les femmes ont l’obligation de réciter la ‘Amida du matin (suivant la majorité des décisionnaires, comme nous l’avons vu au chap. 2 § 2), ainsi convient-il qu’elles récitent le paragraphe du sacrifice perpétuel. Selon certains, en plus de ce paragraphe, il est bon qu’elles récitent l’ensemble de la section des sacrifices.

Toutefois, en pratique, l’usage répandu est que les femmes ne récitent pas le paragraphe du sacrifice perpétuel, et telle est la position de la majorité des décisionnaires. La raison en est que, si les femmes ont l’obligation de prier, c’est essentiellement pour demander miséricorde, et non en référence aux sacrifices. De plus, les hommes eux-mêmes ne sont pas tenus de réciter la section des sacrifices, pas même – si l’on s’en tient à la stricte obligation – le paragraphe du sacrifice perpétuel ; il s’agit simplement d’une coutume, assimilée au fil du temps à un devoir ; à plus forte raison, les femmes n’y sont pas obligées. Toutefois, celle qui souhaite apporter à sa prière un supplément de perfection, en récitant le paragraphe de l’oblation perpétuelle et les versets relatifs à l’encens (Qetoret, Ex 30, 34-36 et 30, 7-8), sera bénie pour cela[1].


[1]. L’auteur du Agour, au nom du Maharil, écrit – et ses paroles sont rapportées par le Beit Yossef, Ora’h ‘Haïm 47 –, que les femmes doivent réciter les bénédictions de la Torah (Birkot ha-Torah) en raison du fait qu’elles doivent dire le paragraphe du sacrifice perpétuel. Si le Maharil soutient cette position, c’est parce que les femmes, comme les hommes, sont tenues d’apporter des sacrifices [dès lors que le Temple est construit] ; elles doivent conséquemment réciter la section des sacrifices. Le Tevouot Chor se prononce dans le même sens. Toutefois, selon le Choul’han ‘Aroukh Harav 47, 10, les femmes ne sont tenues de dire que le paragraphe du sacrifice perpétuel (d’ailleurs, les hommes eux-mêmes ne sont pas tenus de réciter toute la section des sacrifices).

En revanche, le Peri Megadim, Echel Avraham 47, 14 écrit que l’obligation des sacrifices incombe aux hommes. Dans le même sens, le Mor Ouqtsi’a 47 et le Tehila Lé-David 47, 9 écrivent que les femmes n’avaient pas l’obligation de donner un demi-sicle pour le financement des sacrifices, et que l’obligation des femmes en matière de prière consiste à demander miséricorde, non à remplacer les sacrifices. Toutefois, selon le ‘Hida (Yossef Omets 67), il est certain que les femmes sont obligées à l’égard de tous les sacrifices, lesquels expient ensemble les fautes des hommes et des femmes. Cependant, en pratique, les femmes n’ont pas coutume de réciter la section des sacrifices, à l’exception de certaines, qui ajoutent à leur prière un supplément de perfection en récitant tout l’office, y compris cette section. Cf. Halikhot Beitah 4, 1, qui résume le sujet, et Ma’hazé Elyahou 14, qui avance plusieurs raisons de dispenser les femmes de cette récitation.

Quoi qu’il en soit, il est permis de conseiller qu’après les bénédictions de la Torah, au lieu de réciter la bénédiction sacerdotale (Birkat cohanim) et la baraïtha « Voici les choses auxquelles aucune limite n’a été fixée… » (Elou devarim), les femmes disent le paragraphe du sacrifice perpétuel et le verset rappelant la sortie d’Egypte (dernier verset du Chéma). En effet, il n’y pas d’obligation à dire précisément les versets de la bénédiction sacerdotale ni cette baraïtha, et si ces textes ont été fixés dans les livres de prière, c’est pour permettre de faire une petite étude dès après les bénédictions de la Torah ; aussi vaut-il mieux étudier des versets dont la récitation est, selon certains avis, obligatoire. Il serait bon d’imprimer cela dans les rituels publiés pour les femmes ; ainsi, toutes seraient quittes du paragraphe du sacrifice perpétuel et de la mention de la sortie d’Egypte.

Il faut signaler que, bien que le débat entre décisionnaires porte principalement sur le paragraphe du sacrifice perpétuel, la récitation des versets de l’encens (Parachat haqetoret) est d’une importance assez proche. On apportait ces deux offrandes deux fois par jour, en début de matinée et à l’approche du soir. Le sacrifice perpétuel constituait l’offrande matérielle, dont l’oblation était faite sur l’autel extérieur, tandis que l’encens était l’offrande spirituelle, que l’on faisait fumer sur l’autel intérieur. Cf. La Prière d’Israël 13, 5-6 sur le sens de l’offrande perpétuelle et de l’encens.

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