05. De quels versets se composent les Pessouqé dezimra ?

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Les passages essentiels des Pessouqé dezimra sont les six derniers psaumes (Ps 145 à 150). Le plus important est le premier des six, Téhila lé-David (Louange de David), psaume 145. On a l’usage d’introduire ce psaume par deux versets commençant l’un et l’autre par le mot achré (« heureux ») : « Heureux ceux qui sont assis dans Ta Maison, qu’ils Te louent toujours / Heureux le peuple qui connaît un tel sort, heureux le peuple dont l’Eternel est Dieu » (Ps 84, 5 et 144, 15). C’est pourquoi on a l’habitude de surnommer ce psaume Achré. Après le psaume 145, on dit cinq psaumes qui ont pour particularité de débuter et de s’achever par le mot Alléluia (« louez Dieu »), et au sujet desquels Rabbi Yossé a dit : « Que ma part soit avec ceux qui disent le Hallel[b] chaque jour » (Chabbat 118b).

À l’époque des Savoraïm[c] (qui suit celle des Amoraïm, maîtres du Talmud), on a introduit l’usage de réciter Hodou (« Louez Dieu car Il est bon, car Sa grâce est éternelle », I Ch 16, 8-36), cantique de louange que prononça David lorsque l’arche de Dieu retourna à la tente du Sanctuaire, après que les Philistins s’en furent emparé. Par la suite, à l’époque du Temple, on disait la moitié de ce cantique au moment du sacrifice perpétuel du matin, et l’autre moitié lors du sacrifice perpétuel de l’après-midi (Beit Yossef, Ora’h ‘Haïm 50). Selon la coutume ashkénaze, on lit Hodou après la bénédiction Baroukh chéamar, afin que tous les cantiques de louange et de gloire soient inclus entre les bénédictions des Pessouqé dezimra (Tour, Ora’h ‘Haïm 51). Selon la coutume séfarade et sfard, on lit Hodou avant Baroukh chéamar, car la lecture de cet hymne prolonge celle du paragraphe de l’offrande quotidienne, lui-même inclus dans la section des sacrifices (Echkol, Kolbo).

Les Savoraïm ont encore institué la lecture, avant Achré, d’une suite de versets commençant par les mots Yehi khevod (« L’honneur de l’Eternel durera à jamais »), car ces versets renforcent la foi en Dieu et en la délivrance d’Israël (Sofrim 17, 11). Rabbi Isaac Louria s’étend longuement sur les secrets que contient ce passage (Kaf Ha’haïm 51, 13).

Par la suite, pendant la période des Guéonim[d], on a encore ajouté aux Pessouqé dezimra des paragraphes et des versets : les Guéonim ont institué la lecture du psaume Mizmor letoda (Cantique de reconnaissance, Ps 100) car, selon nos maîtres, de mémoire bénie, tous les cantiques sont destinés à disparaître sauf celui-ci (Vayiqra Rabba 9, 7) ; aussi, il convient de le chanter. On ne le dit pas le Chabbat, ni les jours de fête, mais on le remplace par Mizmor chir leyom hachabbat (cantique pour le jour de Chabbat, Ps 92)[3].

Certains, rapportent les Guéonim, ont l’usage de lire Vaïvarekh David (« David bénit l’Eternel », I Ch 29, 10-13 et Ne 9, 6-11) ainsi que le Cantique de la mer Rouge (Chirat hayam) que Moïse et les enfants d’Israël chantèrent à l’Eternel (Ex 15, 1-18). Au cours des siècles, l’usage s’en est répandu, si bien qu’à la fin de la période des Richonim[e], tout le monde avait déjà coutume de dire ces passages. Certes, la partie essentielle des Pessouqé dezimra est constituée de cantiques de David, comme nous le disons dans la bénédiction Baroukh chéamar : « Nous te glorifierons par les chants de David, ton serviteur ». Toutefois, rien n’empêche d’ajouter aux Pessouqé dezimra le paragraphe Vaïvarekh David, qui ne fait pas partie des Psaumes, ni le Cantique de la mer Rouge, qui est le cantique de Moïse (La Prière d’Israël 14, note 3).


[b]. Le mot Hallel (louange) désigne dans ce cas l’ensemble des psaumes 145 à 150, dont les cinq derniers commencent et s’achèvent par Alléluia.

[c]. 6ème et 7ème siècles de l’ère civile.

[d]. Jusqu’au11ème siècle de l’ère civile.

[3].Suivant l’usage ashkénaze, on dit Mizmor letoda en référence au sacrifice de reconnaissance (toda) qui était accompagné de pains levés ; aussi ne dit-on pas ce psaume à la veille de Pessa’h, ni aux jours intermédiaires de Pessa’h (‘Hol hamo’ed), ni la veille de Kippour, jours durant lesquels on n’offrait pas de sacrifice de toda en raison de l’interdit lié au ‘hamets (pâte levée) ou au jeûne. Selon l’usage séfarade, le propos de cette lecture est la louange et la reconnaissance, et non la référence à l’offrande de toda, aussi dit-on ce psaume également durant ces jours (Beit Yossef et Rama, 51, 8).

[e]. 16ème siècle de l’ère civile.

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