07. Ordre de priorité

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Une femme qui souhaite réciter les Pessouqé dezimra et ses bénédictions, mais qui n’a pas le temps de dire l’ensemble des paragraphes, pourra en réciter l’essentiel : elle commencera par la bénédiction Baroukh chéamar, poursuivra par les six psaumes, de Achré à la fin des Alléluias (Ps 145 à 150), qui constituent la partie principale des Pessouqé dezimra, puis conclura par la bénédiction Yichtaba’h. S’il lui arrive d’être plus pressée, elle pourra suivre la coutume abrégée, consistant à réciter Baroukh chéamar, Achré-Tehila lé-David (Ps 145), les deux psaumes commençant par les mots Alléluia, hallelou (« Louez Dieu, louez le… »), c’est-à-dire les psaumes 148 et 150, puis Yichtaba’h. Si l’on n’a pas assez de temps non plus pour cela, on pourra se contenter de dire Baroukh chéamar, Achré-Tehila lé-David et Yichtaba’h. Mais si l’on n’a pas non plus le temps de dire Achré, on ne pourra réciter les bénédictions Baroukh chéamar et Yichtaba’h, car celles-ci ont été instituées pour encadrer les cantiques de David : à tout le moins, il faut dire le psaume principal qu’est Achré-Tehila lé-David entre les deux bénédictions.

Toutefois, cette possibilité n’est donnée que de manière occasionnelle ; en revanche, il semble que celle qui souhaiterait, de manière régulière, ne dire qu’Achré-Tehila lé-David en introduction à sa prière, ne pourrait réciter les bénédictions Baroukh chéamar et Yichtaba’h qui encadrent ce psaume ; en effet, on a pris la coutume de dire ces bénédictions pour servir de cadre à la partie essentielle des Pessouqé dezimra, laquelle est constituée des six psaumes, 145 à 150 ; or puisque les femmes n’ont pas l’obligation de réciter les Pessouqé dezimra, il ne convient pas qu’elles en récitent les bénédictions suivant l’usage a posteriori.

Dans le cadre de la scolarité des filles, les éducatrices sont autorisées à décider que, de façon régulière, les élèves se contenteront de réciter les bénédictions Baroukh chéamar et Yichtaba’h avec les six Alléluias. Ainsi, d’un côté, les élèves réciteront les Pessouqé dezimra, et de l’autre, on n’appesantira pas trop leur charge. Toutefois, s’il semble aux éducatrices qu’il est difficile aux élèves de lire avec attention les six Alléluias, il sera préférable de ne pas leur faire réciter du tout les Pessouqé dezimra (comme expliqué ci-dessus, chap. 8 § 3)[5].


[5]. La règle des priorités est la suivante : l’essentiel de la prière consiste dans : les bénédictions matinales suivies des bénédictions de la Torah, le premier verset du Chéma Israël, la ‘Amida. Si l’on dispose de plus de temps, il est préférable de dire la bénédiction Emet véyatsiv, qui suit le Chéma Israël, car il s’y trouve la mention de la sortie d’Egypte, événement dont le rappel est une obligation toranique pour les hommes, et même, de l’avis de certains auteurs, une obligation pour les femmes. De plus, en récitant cette bénédiction, on a l’avantage de juxtaposer la mention de la délivrance d’Israël (par laquelle se conclut Emet véyatsiv) à la prière par excellence qu’est la ‘Amida, comme nous l’avons vu plus haut, chap. 8 § 3, note 4.

Après cela, par ordre d’importance, viennent les Pessouqé dezimra, c’est-à-dire, plus précisément, la bénédiction Baroukh chéamar suivie des six Alléluias et de Yichtaba’h. Il est vrai que le Bérour Halakha du Rav Zilber, Ora’h ‘Haïm I, 60 et le Iché Israël 7, 18 estiment, en matière de priorité que, dès lors qu’une femme a le temps de réciter Baroukh chéamar, Achré et Yichtaba’h, elle devra réciter la suite du Chéma Israël et ses bénédictions, et que, si elle dispose de plus de temps, elle récitera le reste des Pessouqé dezimra. Toutefois, cette position est difficile à défendre, car certains décisionnaires estiment que les femmes ont l’obligation de réciter les Pessouqé dezimra, et, selon tous les avis, ces louanges constituent une préparation à la prière ; or les femmes ont l’obligation de prier, et la partie essentielle des Pessouqé dezimra est bien constituée par les six derniers chapitres du livre des Psaumes, comme le disent le Rif et le Roch (cf. La Prière d’Israël 14, note 3, ainsi que la fin de la note 1 et la note 10). Dans ces conditions, pourquoi la femme donnerait-elle priorité aux bénédictions du Chéma dont elles sont assurément dispensées, et qui ne constituent pas une préparation à la prière ? (Le Avné Yachfé 16, 7 laisse la question en suspens pour cette raison.) Par conséquent, il semble que l’ensemble des six Alléluias ait priorité sur les bénédictions du Chéma, comme nous le disons ci-dessus, chap. 8 § 3, note 4.

Nous trouvons également que l’auteur du Halikhot Bat Israël 2, note 21, écrit au nom du Rav Sheinberg que les femmes doivent réciter les Pessouqé dezimra, et qu’elles peuvent se contenter peut-être de Baroukh chéamar, Achré et Yichtaba’h. De nouveau, cet avis semble difficile à défendre : comment peut-on recommander d’omettre de façon permanente la partie essentielle des Pessouqé dezimra ? Peut-être cet avis s’explique-t-il par l’influence du Michna Beroura, qui infère des propos de Rabbi Aqiva Eiger que les femmes sont tenues de réciter les Pessouqé dezimra, si bien que le Halikhot Bat Israël donne aux femmes pour consigne permanente de les réciter, même de la façon la plus abrégée, en se fondant sur les élèves de Rabbénou Yona, qui écrivent que les Pessouqé dezimra ont été principalement institués en vue de la récitation d’Achré-Tehila lé-David. Toutefois, l’opinion de la majorité des décisionnaires est que les femmes sont dispensées de la récitation des Pessouqé dezimra, comme nous l’avons vu en note 2 ; par conséquent, pourquoi les réciteraient-elles de la manière la plus abrégée ? Si une femme souhaite apporter à sa prière un supplément de perfection en les récitant, il est nécessaire qu’elle les récite comme il convient, c’est-à-dire avec l’ensemble des six psaumes, qui constituent la partie essentielle des Pessouqé dezimra, comme l’écrivent le Rif et le Roch (et sauf mention contraire, il n’y a pas de raison de penser que les élèves de Rabbénou Yona ne s’accordent pas avec cela), et qu’elle ne se contente pas de dire, à la hâte, un seul psaume. Le Rav Na’houm Eliézer Rabinowitz – qu’il soit distingué pour une bonne et longue vie –, auteur du Yad Pechouta sur Maïmonide, s’accorde avec notre position à ce sujet.

De plus, le Ye’havé Da’at III 3 décide qu’il est interdit aux femmes de dire les bénédictions des Pessouqé zimra, car celles-ci sont dépendantes du temps. Et bien que l’on n’ait pas coutume de le suivre à ce sujet, comme expliqué plus haut, chap. 2, note 10, il est juste de tenir compte de son opinion en ne récitant pas lesdites bénédictions pour la récitation d’un seul psaume. Du reste, même s’agissant des hommes, il serait peut-être souhaitable de ne pas enseigner de réciter régulièrement ces bénédictions pour n’encadrer qu’Achré/Tehila lé-David. En revanche, après avoir dit les six psaumes qui constituent l’essentiel des Pessouqé dezimra, la femme doit donner priorité au Chéma Israël et à ses bénédictions, en raison de leur importance, puis au paragraphe du sacrifice perpétuel et aux versets de l’encens, qui ont préséance sur les autres paragraphes des Pessouqé dezimra, comme nous l’expliquons dans La Prière d’Israël 13, 1, note 2. Les règles de préséance dans leurs généralités sont exposées ci-dessus, chap. 8 § 3, note 4.

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