04. Le Grand-prêtre au jour de Kipour

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Dans le courant de l’année, tous les cohanim sont aptes à procéder aux sacrifices, à offrir l’encens et à préparer les lumières du chandelier (ménora) ; mais à Yom Kipour, étant donnée la grande sainteté du jour, seul le Cohen gadol est apte à accomplir tous ces actes de service (Yoma 32b, Maïmonide, Yom hakipourim 1, 2).

Les offrandes auxquelles le Grand-prêtre procédait, le jour de Kipour, se divisaient en trois catégories : la première consistait dans les sacrifices perpétuels (tamid), que l’on offre chaque jour, et qui sont deux agneaux, l’un le matin, premier de tous les sacrifices, le second à l’approche du soir, après tout autre sacrifice. Font également partie de ce premier cercle l’encens (qetoret) que l’on faisait fumer sur l’autel d’or, deux fois par jour, le matin et à l’approche du soir, ainsi que la préparation (hatava) des lumières et leur allumage (hadlaqa). La deuxième catégorie comprend les sacrifices additionnels (moussaf), à la manière de ce que l’on offre à la néoménie et aux jours de fête ; le jour de Kipour, il s’agit d’un taureau, d’un bélier, de sept agneaux comme holocauste (‘ola), et d’un bouc comme expiatoire (‘hatat). La troisième catégorie est spécifique au jour de Kipour, et comprend : un taureau comme ‘hatat destiné à l’expiation du Grand-prêtre et de ses frères, les cohanim ; avec ce taureau, un bélier comme ‘ola (ces bêtes ont été achetées par le Cohen gadol avec son argent) ; et encore deux boucs pour l’expiation d’Israël, l’un comme ‘hatat, l’autre comme bouc émissaire (sé’ir hamichtaléa’h).

Le Grand-prêtre avait l’obligation d’être marié, à l’époque où il accomplissait le service de Kipour, ainsi qu’il est dit : « “Il fera expiation pour lui et pour sa maison” (Lv 16, 6) : sa maison, c’est son épouse » (Yoma 13a). Et bien que, à l’approche de Kipour, le Grand-prêtre dût se séparer de son épouse durant sept jours, afin de se sanctifier et de se purifier avant le service du jour, il ne pouvait accomplir ce service qu’à la condition d’avoir une femme, car quiconque n’est pas marié n’est pas considéré comme un homme complet (Yevamot 63a) : il demeure sans joie, ni bénédiction, ni bienfait, ni Torah, ni muraille (protectrice des fautes), ni paix (ibid. 62b). Il doit être marié à une femme unique ; s’il en a deux, il est disqualifié pour accomplir le service de Yom Kipour (Yoma 13a). Car ce n’est que s’il a une seule épouse que l’amour et l’unité entre eux peut être complète. Et de même que le Grand-prêtre connaît personnellement l’unité, de même peut-il joindre et unir tout Israël à son Père qui est au ciel.

On ordonnait un cohen supplémentaire, qui puisse remplacer le Grand-prêtre dans le cas où celui-ci deviendrait impur, ou mourrait (Yoma 2a, Maïmonide, ‘Avodat Yom hakipourim 1, 2-3, Klé Hamiqdach véha’ovdim bo 5,10).

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