18. Le service de Yom Kipour dans la prière

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À l’office de Moussaf, l’officiant rappelle quel fut le cérémonial de Yom Kipour au Temple (Choul’han ‘Aroukh 621, 4). Le Talmud explique que les officiants doivent avoir soin de réciter l’ordre du service avec précision, d’après l’opinion adoptée en halakha (Yoma 36b, 56b), car réciter l’ordonnancement des sacrifices est considéré, en pratique, comme un substitut de leur oblation.

De même, nos sages enseignent : « Quiconque étudie la loi du sacrifice expiatoire (‘hatat), c’est comme s’il avait offert un sacrifice expiatoire ; et quiconque étudie la loi du sacrifice délictif (acham), c’est comme s’il avait offert un délictif » (Mena’hot 110a). Dans le même sens, nos sages enseignent que, après qu’Abraham notre père eut appris qu’Israël se maintiendrait dans le monde grâce aux sacrifices – parce que, par eux, le peuple resterait constamment lié à Dieu –, il demanda au Saint béni soit-Il : « Qu’en sera-t-il si le Temple vient à être détruit ? » Le Saint béni soit-Il lui répondit : « Je leur ai déjà préparé l’exposé des sacrifices ; chaque fois qu’ils le liront, Je le leur imputerai comme s’ils m’avaient apporté un sacrifice, et leur pardonnerai toutes leurs fautes » (Ta’anit 27b ; Méguila 31b). Cela, parce que dans tout acte s’origine une âme ; et l’âme des mitsvot, ce sont les paroles de Torah qui les prescrivent. Aussi, quand il est impossible d’offrir les sacrifices, la récitation des versets et enseignements qui s’y rapportent, à plus forte raison en public, au moment même où il eût convenu de les offrir, est considérée, dans une certaine mesure, comme leur accomplissement même. Et mieux on comprend la signification du sacrifice, dans l’ordre de la halakha et de la pensée, plus haut s’élève la récitation des textes qui s’y rapportent.

Il semble que, même après que le Temple sera reconstruit, bientôt et de nos jours, les prières qui furent instituées en référence aux sacrifices, et la récitation du service accompli par le Cohen gadol au jour de Kipour, ne seront point annulées. En effet, tout au long de la période où le Temple aura été détruit, la haute valeur que possède la récitation des prières et du service du sanctuaire a pu se révéler, récitation qui est liée à la part spirituelle inscrite dans service du sanctuaire. Or cette haute valeur ne nous quittera pas. Dans toutes les synagogues, on continuera de prier, et l’officiant, à Moussaf, avec toute l’assemblée, récitera dans une crainte révérencielle le service du Grand-prêtre au Temple. Les prières et les pensées de tous les officiants se joindront au service qu’accomplira le Cohen gadol dans le Temple. Les cohanim et ceux des gens du peuple qui auront le mérite d’avoir une place pour se tenir dans la cour du Temple s’y tiendront en tant que représentants de tout Israël, et mériteront de voir de leurs yeux l’accomplissement du service. Ceux-là n’auront pas besoin de réciter le texte des prières, car ils auront la chance d’être associés au service lui-même. Car ceux qui le voient ont, eux aussi, part dans la mitsva. Ainsi, à l’époque du précédent Temple, la coutume était que les prêtres et les peuple qui se tenaient dans la cour ne récitassent pas le texte de la prière.

Que telle soit la volonté de l’Éternel que de rassembler tous nos exilés, des quatre coins de la terre, de rétablir sa Présence à Sion, de nous sanctifier par ses commandements, de nous donner part à sa Torah, et de purifier nos cœurs afin que nous le servions en vérité. Puissions-nous mériter que le Temple soit reconstruit bientôt et de nos jours, que la sainteté du jour de Kipour se révèle dans sa pleine splendeur, que Dieu nous pardonne toutes nos fautes et nous accorde l’expiation de tous nos péchés, que la lumière de la vérité et de la foi rayonne depuis le saint des saints et éclaire tout l’univers, que la paix et l’amour se répandent parmi toute la maison d’Israël et dans le monde entier. Et que l’Éternel console Sion et ses ruines :

Il rendra son désert pareil à un Éden, sa solitude semblable à un jardin divin. Joie et allégresse y régneront, l’action de grâce et le son du cantique (Is 51, 3). Et les rachetés de l’Éternel reviendront. Ils rentreront à Sion dans l’allégresse, une joie perpétuelle sur leur tête, exultation et joie seront leur partage, tandis que s’enfuiront douleur et soupirs (verset 11).

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