06. Le statut de l’enfant est comparable à celui du malade

https://ph.yhb.org.il/fr/01-24-06/

Nos sages interdisent à un Juif de demander à un non-Juif, le Chabbat, de faire à son intention une mélakha. Mais quand un enfant a grandement besoin d’une chose déterminée, son statut est comparable à celui du malade, pour les besoins duquel les sages ont permis de demander à un non-Juif d’exécuter un travail. Par exemple, si l’enfant n’a pas à manger, et qu’il ait faim, il est permis de demander à un non-Juif de lui faire cuire de la nourriture. Et s’il est très nécessaire à l’enfant d’avoir une lumière allumée, on peut demander au non-Juif d’allumer la lumière à son intention (Rama 276, 1, Michna Beroura 6 ; cf. ci-après, chap. 28 § 2). Généralement, il faut, en ces matières, être indulgent quand il s’agit de nourrissons ; mais même quand l’enfant est plus âgé, et que cela s’avère très nécessaire, on peut être également indulgent, comme on l’est pour les besoins d’un malade[4].

Quand un mineur, qui n’est pas encore arrivé à l’âge de la bar-mitsva ou de la bat-mitsva, est indisposé, même si l’indisposition dont il souffre n’est pas tellement douloureuse, il est permis de lui donner des médicaments ; car de même que l’interdit portant sur les médicaments ne s’applique pas au malade, elle ne s’applique pas non plus au mineur. À ce titre, il est permis, en cas de nécessité, de poser de la crème sur la peau d’un très petit enfant, à condition de ne pas l’étaler, mais seulement de l’y placer. Si, ensuite, la crème s’étale d’elle-même, par le biais de la couche, il n’y a pas là d’interdit, puisqu’on ne l’aura pas étalée pour la rendre homogène (cf. ci-après chap. 28, 8).


[4]. Selon certains, un enfant n’est halakhiquement comparable au malade que jusqu’à l’âge de deux ou trois ans (Melamed Leho’il au nom du Chaagat Aryé, ‘Hazon Ich 59, 3). D’autres disent que ce statut s’étend jusqu’à six ans (Tsits Eliézer VIII 15, 12, 7, d’après Mor Ouqtsi’a), d’autres jusqu’à neuf ou dix ans (Chemirat Chabbat Kehilkhata 37, 2), et d’autres encore jusqu’à treize ans (Or lé-Tsion II 36, 4). Il semble que tout dépende des circonstances ; comme l’écrit le Michna Beroura 276, 6 : si l’enfant est en grand besoin [que soit exécutée la mélakha], son statut est comparable à celui du malade. Effectivement, plus l’enfant est petit, plus nombreuses sont les choses dont il est en « grand besoin ». Le Nichmat Avraham 328, 57 et le Or’hot Chabbat 20, note 162 se prononcent de façon proche.

Ce contenu a été publié dans Chapitre 24 - Règles applicables au mineur. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.