07. Jeux permis et interdits le Chabbat

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C’est une mitsva que d’éduquer les enfants à étudier abondamment la Torah pendant Chabbat, et il est bon de les éduquer à limiter les jeux, ce jour-là, afin qu’ils ne s’habituent pas à dépenser en pure perte le temps précieux et saint du Chabbat en activités profanes. Plus ils se rapprochent de l’âge des mitsvot[f], plus il faut les encourager à étudier et à restreindre le jeu. Il est bon que les parents eux-mêmes étudient avec leurs enfants, accomplissant en cela la mitsva : « Vous les enseignerez à vos enfants, et leur en parlerez… » (Dt 11, 19). Il est également à recommander que chaque communauté institue de nombreux cours pour enfants, le Chabbat. Cela étant, il est permis aux enfants de jouer pendant Chabbat. Les règles que nous exposerons ci-après concernent donc tous les enfants qui ne sont pas encore arrivés à l’âge de la majorité religieuse. Mais une fois celle-ci atteinte, la règle change : premièrement, parce qu’il convient, a priori, de suivre l’avis des décisionnaires selon lesquels tous les jeux sont interdits aux personnes majeures pendant Chabbat (cf. ci-dessus, chap. 22 § 13) ; deuxièmement, parce que, de l’avis même de ceux qui permettent aux majeurs de jouer pendant Chabbat, certains jeux sont l’objet d’une controverse, si bien que, pour les mineurs, qui ne sont tenus à l’observance du Chabbat que pour les nécessités de leur éducation, on est indulgent, tandis que, s’agissant des majeurs, qui sont obligés à l’observance du Chabbat par la Torah elle-même, on est rigoureux. Exposons à présent les règles applicables aux mineurs ; quand les personnes majeures doivent être rigoureuses, même selon les décisionnaires qui leur permettent de jouer le Chabbat, nous le signalerons explicitement :

Il est permis de jouer aux échecs, aux dames, aux divers jeux de mémoire. De même, il est permis de jouer aux cubes et à la toupie. Mais les jeux dans lesquels le vainqueur fait un gain réel, en argent ou en nourriture, sont interdits. De même, les jeux au cours desquels on a l’usage d’écrire sont interdits (Choul’han ‘Aroukh 338, 5 ; 322, 6 ; ‘Hayé Adam 38, 11).

Certains auteurs disent qu’il est bon de s’abstenir de jouer au Monopoly® et aux autres jeux dans lesquels les gains ressemblent à des gains d’argent ou de biens. Les enfants qui veulent être indulgents en cela y sont autorisés (Chemirat Chabbat Kehilkhata 16, 33) ; mais il convient que les personnes religieusement majeures soient rigoureuses.

Tout jeu donnant lieu à écrire, coller, couper ou tresser est interdit le Chabbat. Mais il est permis aux enfants de faire un puzzle ou de former des mots en assemblant des lettres l’une à l’autre, ou en plaçant des lettres sur un tableau. Les personnes majeures doivent, il est vrai, être rigoureuses en la matière, mais les mineurs peuvent s’appuyer sur les opinions indulgentes, selon lesquelles l’interdit d’écrire n’est pas constitué ici, puisque toutes les lettres ou formes existaient déjà, et que l’on s’est contenté de les rapprocher l’une de l’autre de manière temporaire (cf. ci-dessus, chap. 18 § 4).

Il est interdit de construire, à partir de pièces de plastique, des avions ou des bateaux qui requièrent une grande précision, et qui sont destinés à se maintenir longtemps.

Il est permis aux enfants de jouer aux Lego®, de construire des formes à partir de ces briques et de les démonter. De même, les enfants peuvent faire des constructions en papier, telles que des bateaux ou des avions. Il convient que les adultes s’en abstiennent (cf. ci-dessus, chap. 15 § 7 et Har’havot).

Nos sages ont interdit de faire une tente temporaire, le Chabbat ; mais si l’on modifie l’ordre habituel de la construction, cela devient permis. Par conséquent, il est interdit aux enfants d’étendre une couverture sur des chaises afin de créer une tente et de s’y abriter. Mais s’ils étendent d’abord la couverture en l’air, puis qu’ils installent les chaises au-dessous d’elle, cela devient permis. De même, il est interdit de construire, avec des briques de type Lego, une maison ou un garage contenant un espace vide d’un téfa’h (7,6 cm) sur un téfa’h ; mais si l’on tient d’abord le toit, et qu’ensuite on fixe les murs en dessous, c’est permis (cf. ci-dessus, chap. 15 § 5).

Il est permis de faire un collier-jouet, qui n’est pas destiné à se maintenir longtemps ; cela, à condition de ne pas faire de nœud à l’extrémité du fil : on attachera simplement les deux branches par un nœud de rosette (Chemirat Chabbat Kehilkhata 16, 22).

Il est interdit de séparer deux sortes de jeux de cubes ou de cartes qui se sont mélangés, car cela relèverait de la mélakha de trier (borer). Mais quand on veut jouer avec l’une des deux sortes, il est permis d’extraire du mélange les pièces que l’on veut, car alors, il ne s’agit pas de classement exécuté sur le mode laborieux, mais sur le mode du jeu même, puisque, au commencement du jeu, il est d’usage de prendre les pièces destinées à celui-ci (cf. ci-dessus chap. 11 § 16).

Il est interdit de faire des formes en pâte à modeler ou en pâte polymère (Fimo® etc.), au titre de l’interdit d’enduire/lisser (memaréa’h, Choul’han ‘Aroukh 314, 11) ; si l’on cherche à faire une forme signifiante, s’applique, de plus, l’interdit décrire (‘Hayé Adam, Yom tov 92, 3). La pâte à modeler et la pâte polymère sont mouqtsé.


[f]. Douze ans pour les filles (bat-mitsva), treize ans pour les garçons (bar-mitsva).

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