09. Jeux de ballon et course

Il est interdit aux enfants de jouer au football et au basketball, le Chabbat, car ce sont des jeux qui requièrent une grande attention, qui ont leurs règles et leur organisation, et qui tombent à ce titre sous l’interdit des activités profanes (‘ovdin de’hol). De plus, il arrive que ces jeux soient l’occasion d’interdits supplémentaires : préparation du terrain, voyages pour assister aux jeux, inscription, achat et vente. De même, il est interdit de regarder des joueurs de football ou de basketball pendant Chabbat, toujours au titre de l’activité profane. Il est interdit de jouer à ces jeux de ballon, même à l’intérieur de la maison ou dans une cour privée : les ballons utilisés dans ces jeux sont mouqtsé, et l’activité est considérée comme profane. Dans le même sens, il est interdit de jouer au tennis qui, lui aussi, est un jeu d’adultes et requiert une grande attention[5].

Il est permis aux enfants de se distraire avec différents jeux de course, pour le plaisir ; mais il est interdit de suivre un cours de gymnastique (cf. ci-dessus, chap. 22 § 8).

Il est permis aux enfants de jouer avec un ballon du type de ceux avec lesquels les petits enfants ont coutume de jouer ; cela, à condition de jouer à l’intérieur de la maison, ou dans une cour dont le sol est carrelé. Mais sur la terre ou sur du gazon, c’est interdit, de crainte d’en venir à aplanir les creux du sol. De même, il est permis aux enfants de jouer au tennis de table amateur, puisque l’on a l’habitude d’y jouer à la maison. Il n’est pas à craindre que, en jouant au ballon quand ils sont petits, ils s’habituent à y jouer quand ils seront grands, car la permission ne vise qu’un ballon utilisé par les petits, auquel les grands ne jouent de toute façon pas.

Quand un ballon s’est logé dans un arbre, il est interdit de l’en faire descendre, que ce soit à la main ou avec un bâton, car il est interdit de s’affairer à des choses qui se trouvent dans un arbre, de crainte de couper une branche. Mais si le ballon tombe de lui-même, il sera permis de reprendre le jeu (cf. ci-dessus chap. 19 § 7, Chemirat Chabbat Kehilkhata 16, 8).


[5]. Certains décisionnaires interdisent le football et le basketball au motif qu’il est à craindre d’en venir à aplanir le sol, à la manière de ce qu’écrivent le Choul’han ‘Aroukh 338, 5 et le Michna Beroura 308, 158. D’autres l’interdisent de crainte que l’on n’en vienne à réparer le ballon, ou à le gonfler (Qtsot Hachoul’han). En tout état de cause, l’ensemble des décisionnaires s’accordent à dire qu’il est interdit de jouer au football et au basketball le Chabbat. Il semble que le motif essentiel de l’interdit soit ‘ovdin de’hol, le fait que ces jeux relèvent d’une activité profane ; c’est pour cette même raison, semble-t-il, qu’il est interdit de faire du vélo. Gardons-nous de prendre cet interdit à la légère, car il trouve son fondement dans la Torah, comme l’explique Na’hmanide (sur Lv 23, 24) : toute fatigue, tout effort qui fait obstacle au repos et au chômage sabbatiques, dit-il, est interdit par la Torah, car il nous est prescrit de chômer.

Dans le même sens, Isaïe déclare : « Si tu retiens ton pas, le Chabbat, t’abstenant de te livrer à tes affaires en mon saint jour, et que tu appelles le Chabbat “délice”, le jour saint de l’Eternel “honoré”, que tu l’honores en t’abstenant de suivre tes chemins ordinaires, de chercher la fortune et d’en faire le sujet de tes paroles, alors tu te délecteras en l’Eternel… » (58, 13). Nos sages ont enseigné : « “En t’abstenant de suivre tes chemins ordinaires” : que ta démarche, le Chabbat, diffère de ta démarche des jours de semaine (…) “D’en faire le sujet de tes paroles” : que tes paroles, le Chabbat, ne soient pas semblables à tes paroles de semaine » (Chabbat 113a). Or puisque le football et le basketball se jouent en y prêtant une grande attention, qu’ils ont des principes et des règles, que de nombreuses personnes y sont affairées, et parfois même en tirent leurs revenus, ils relèvent en tout point de l’activité profane. Quand les sages permettent aux jeunes de courir pour le plaisir, ils visent une course libre, sans le cadre bien établi d’un jeu, ni d’un entraînement. C’est en ce sens que se prononce le Rav Kook dans Ora’h Michpat 152.

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