02 – Ne pas se livrer à des occupations professionnelles avant la prière

https://ph.yhb.org.il/fr/02-12-02/

À partir de l’aube, il est interdit de se livrer à son travail avant d’avoir prié, car le saint précède le profane, et l’honneur dû au Ciel précède les occupations des créatures. Aussi faut-il en premier lieu louer Dieu et prier devant Lui, puis seulement après s’adonner à ses occupations. Nos sages ont dit : « Celui qui prie puis se met en chemin, le Saint béni soit-Il fait réussir ses entreprises » (Berakhot 14a).

Il vaut mieux prier seul avant de commencer à travailler, que de commencer à travailler puis de s’interrompre pour prier en minyan. Par exemple, si l’on doit commencer son travail à 6h30, et que le seul minyan de la ville se tienne à 7h30, il vaut mieux prier seul avant de commencer son travail, afin que ce dernier ne précède pas sa prière (Michna Beroura 89, 20).

En revanche, on est autorisé à travailler avant l’aube ; en effet, le temps de la prière de Cha’harit n’est alors pas encore venu, d’où il résulte que travailler n’est pas considéré comme faire passer ses besoins avant sa prière. On veillera à dire, avant cela, les bénédictions du matin (Birkot hacha’har), car le temps de leur lecture suit immédiatement le lever. Dans la mesure où l’on a commencé à travailler avant l’heure de la prière, on est autorisé à continuer même après l’apparition de l’aube, à condition d’avoir le temps de prier avant l’expiration de l’heure de la prière (Choul’han ‘Aroukh 89, 7 ; Michna Beroura 89, 37 ; 70, 23)[3].


[3]. Maïmonide écrit (Hilkhot Téphila 6, 7) qu’il est permis de se couper les cheveux et de se rendre aux bains à l’approche de Cha’harit, c’est-à-dire avant l’aube, car les sages n’ont pas décrété d’interdiction à cet égard – contrairement au cas de l’approche de Min’ha, cas dans lequel ces activités sont plus fréquentes. C’est en ce sens que le Choul’han ‘Aroukh 89, 7 tranche. Toutefois, le Raavad pense que, durant la demi-heure qui précède l’aube, l’interdit pèse également, comme l’explique le Béour Halakha 70, 5. Certains disent que Maïmonide n’est indulgent qu’à l’égard du bain et de la coupe des cheveux, choses qui ne sont pas fréquentes avant l’aube, mais qu’il serait rigoureux à l’égard de travaux fréquemment effectués avant l’aube (Peri Mégadim, Gaon de Lissa). Cependant, dans leur majorité, les décisionnaires sont indulgents à l’égard de tous les types de travaux. Le Michna Beroura 89, 37 tient compte, quelque peu, de l’opinion rigoureuse ; aussi prescrit-il de réciter préalablement les Birkot Hacha’har (à l’égard desquelles certains ont une position indulgente, comme le rapporte le Rama 89, 3).

Celui qui a commencé à travailler après l’apparition de l’aube, dans la mesure où il a commencé de façon interdite, doit s’arrêter immédiatement pour réciter le Chéma, qui est une mitsva toranique. Pour la ‘Amida, il n’a pas besoin de s’arrêter, et il peut achever son travail à condition de ne pas dépasser l’heure limite de récitation de la ‘Amida (Michna Beroura 70, 23).

Ce contenu a été publié dans Chapitre 12 – A l’approche de la prière de Cha’harit. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.