06 – Moment à partir duquel peut se tenir l’office d’Arvit selon les sages et selon Rabbi Yehouda

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L’heure de l’office d’Arvit a été fixée en référence à l’oblation des membres et des graisses du sacrifice journalier sur l’autel. Comme nous l’avons vu (lois de Min’ha, chap. 24 § 7), la communauté des sages (‘Hakhamim) s’oppose en cette matière à Rabbi Yehouda. Selon les ‘Hakhamim, l’office de Min’ha peut se tenir jusqu’à la nuit, tandis que, à l’apparition des étoiles, commence le temps d’Arvit. Selon Rabbi Yehouda, l’heure de Min’ha s’achève avec le plag hamin’ha, c’est-à-dire une heure et quart avant la fin du jour, et immédiatement après commence l’heure d’Arvit. En pratique, on est autorisé à choisir de se conduire conformément à l’avis des ‘Hakhamim ou de Rabbi Yehouda, à condition de s’en tenir à un seul usage : si l’on suit l’avis de Rabbi Yehouda, il faut avoir soin de ne pas dire Min’ha après le plag hamin’ha ; et si l’on suit l’avis des ‘Hakhamim, il faut avoir soin de dire ‘Arvit après l’apparition des étoiles. Mais il est interdit de dire Min’ha après le plag hamin’ha comme le permettent les ‘Hakhamim, et Arvit avant l’apparition des étoiles comme le permet Rabbi Yehouda.

Certes, Rabbi Yehouda pense que l’heure de la ‘Amida d’Arvit et des bénédictions du Chéma commence avec le plag hamin’ha ; mais l’heure de récitation du Chéma lui-même commence à l’apparition des étoiles. Par conséquent, si l’on prie avant l’apparition des étoiles, il faut répéter les trois paragraphes du Chéma après l’apparition des étoiles (Choul’han ‘Aroukh 235, 1)[4].

A priori, il ne faut pas passer d’un système à un autre : chacun doit se conformer constamment à l’opinion des ‘Hakhamim ou à celle de Rabbi Yehouda. Notre coutume est de suivre l’opinion des ‘Hakhamim. Néanmoins, en cas de nécessité, on est autorisé à passer du système des ‘Hakhamim à celui de Rabbi Yehouda. Par exemple, durant l’été, quand le Chabbat commence tard, certains veulent avancer l’accueil du Chabbat, afin que les petits enfants puissent s’associer à la prière et au repas. A cette fin, on dit Arvit conformément à l’opinion de Rabbi Yehouda, avant le coucher du soleil. De même, si l’on se trouve occasionnellement dans un endroit où l’on a l’habitude de suivre l’opinion de Rabbi Yehouda, il vaut mieux prier en minyan en suivant occasionnellement cette opinion, que de conserver sa coutume et de prier seul en suivant l’opinion des ‘Hakhamim[5].


[4]. Il est vrai que Tossephot sur Berakhot 2a cite l’opinion de Rabbénou Tam, selon lequel l’heure de lecture du Chéma du soir est conforme à l’heure de la prière d’Arvit, d’où il suit que, d’après Rabbi Yehouda, on peut s’acquitter de la lecture du Chéma dès le plag hamin’ha. Tossephot cite également l’opinion de Rabbénou Yits’haq, selon lequel on peut, en cas d’urgence, être indulgent quant à l’heure de lecture du Chéma, en s’appuyant sur certaines opinions citées par le Talmud, qui permettent d’avancer cette lecture de quelques minutes par rapport à l’apparition des étoiles. Mais quoi qu’il en soit, les autres Richonim sont d’avis que l’heure de récitation du Chéma ne commence qu’à l’apparition des étoiles (tset hakokhavim) ; aussi est-on tenu de répéter le Chéma après l’apparition des étoiles ; c’est en ce sens que tranche le Choul’han ‘Aroukh 235, 1. Les décisionnaires sont partagés sur la nécessité de répéter également le troisième paragraphe après l’apparition des étoiles. D’après le Maguen Avraham, le temps prévu pour le rappel de la sortie d’Egypte s’identifie au temps de la prière d’Arvit ; il n’est donc pas nécessaire de répéter ce paragraphe. Mais d’après le Chaagat Aryé, le temps du rappel de la sortie d’Egypte s’identifie au temps du Chéma ; il faut donc répéter le paragraphe (Michna Beroura 235, 11). En ce qui concerne les bénédictions du Chéma, on peut soutenir que leur horaire est conforme à celui du Chéma. Toutefois, en pratique, ceux qui suivent l’opinion de Rabbi Yehouda ont l’habitude de prononcer ces bénédictions avant l’apparition des étoiles, et s’acquittent par là de leur obligation de réciter les bénédictions du Chéma, comme l’expliquent le Michna Beroura 235, 7 et 11, et Chaar Hatsioun
[5]. Selon Rabbi Aharon Halévi et le Méïri, on doit suivre chaque jour une opinion unique ; mais il est permis de choisir chaque jour une autre opinion. Selon les élèves de Rabbénou Yona, le Rachba et le Roch, il faut choisir de se conformer constamment à la même opinion et ne pas en changer. Le Choul’han ‘Aroukh 233, 1, le Michna Beroura 6 et 11, et le Kaf Ha’haïm 9 et 12, tranchent : a priori, il n’y a pas lieu de changer de système, mais en cas de nécessité, on peut changer (cf. Michna Beroura 267, 3).

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