11. Conclusion de la ‘Amida et retrait de trois pas

https://ph.yhb.org.il/fr/03-12-11/

La partie principale de la ‘Amida s’achève avec le verset Yihyou lératson imré fi vé-hegyon libi léfanékha, Ado-naï tsouri vé-goali (« Que les paroles de ma bouche et les pensées de mon cœur soient agréées devant Toi, Eternel, mon rocher et mon libérateur »), que nous lisons après la Birkat hachalom (bénédiction de la paix). Après cela, on a coutume d’ajouter la prière Elo-haï, netsor (« Mon Dieu, préserve ma langue du mal… »). Comme nous l’avons vu, c’est le moment le plus choisi pour s’étendre en supplications et en requêtes personnelles, autant qu’on l’entendra. On raconte ainsi à propos de Rabbi Aqiba que, lorsqu’il priait seul, il s’étendait longtemps en supplications après la partie principale de la ‘Amida (cf. Berakhot 31a).

Après ces supplications, on dit une seconde fois le verset Yihyou lératson, puis on recule de trois pas pour mettre fin à sa station devant l’Eternel. Les sages disent de la personne qui récite la ‘Amida mais ne conclut pas correctement celle-ci en reculant de trois pas et en disant ‘Ossé chalom (« Celui qui établit la paix dans Son firmament etc. ») qu’elle eût mieux fait de ne point la réciter (Yoma 53b). En effet, ne pas clore la ‘Amida comme il convient témoigne d’une incompréhension de ce que l’on se tenait devant le Roi des rois, le Saint béni soit-Il. Cela revient à déconsidérer la prière.

Avant d’amorcer les trois pas en arrière, la fidèle se prosternera comme on le fait pour la bénédiction Modim (ainsi que nous l’avons vu ci-dessus, § 5) puis, toujours penchée, elle reculera de trois pas. Ensuite, toujours dans cette attitude de prosternation, elle se tournera du côté gauche en disant ‘Ossé chalom bimromav (« Que Celui qui établit la paix dans Son firmament… »), puis du côté droit en disant Hou [béra’hamav] ya’assé chalom alénou («… amène [par Sa miséricorde] la paix sur nous… ») ; après cela, elle se prosternera en avant en disant vé’al kol [‘amo] Israël vé-imrou amen («… et sur tout [Son peuple] Israël, et dites amen ») ; on se redresse alors lentement. On a l’usage de dire ensuite la phrase Yehi ratson…, brève prière pour la reconstruction du Temple. En effet, la ‘Amida a été instituée en regard de l’offrande perpétuelle ; aussi demandons-nous que le Temple soit reconstruit, afin que nous puissions y apporter l’offrande perpétuelle (Choul’han ‘Aroukh, Rama 123, 1).

Lorsqu’on marque ses trois pas, on recule d’abord du pied gauche, qui est considéré comme le pied faible. De cette façon, on montre qu’il nous est difficile de quitter notre prière. Chacun des deux premiers pas doit être d’une mesure telle que le gros orteil arrive à côté du talon opposé. L’ordre des pas est comme suit : on recule d’abord le pied gauche d’un petit pas, de façon que les orteils du pied gauche talonnent le droit ; puis le pied droit fait un pas plus grand, afin que les orteils du pied droit viennent talonner le gauche ; enfin, le pied gauche fait un petit pas, de façon que les pieds soient réunis. On se tiendra ainsi pieds joints en disant ‘Ossé chalom…

On aura soin de ne pas faire des pas plus petits que la mesure indiquée (le gros orteil arrivant au niveau du talon opposé), car certains décisionnaires pensent qu’une mesure inférieure à celle-là ne s’appelle pas un « pas » (Maguen Avraham). Si l’on n’a pas la place de reculer de trois pas, on fera des pas sur le côté, de manière qu’à chaque pas, le gros orteil jouxte le talon du pied opposé (‘Aroukh Hachoul’han 123, 5). En cas de nécessité pressante, lorsqu’on n’a pas de place pour reculer de trois pas, ni en arrière, ni de côté, on s’appuiera sur l’opinion selon laquelle on peut se contenter de pas plus petits. Cependant, on ne fera pas moins des trois pas prescrits pour mettre fin à sa station devant le Roi (Ba’h, cf. Michna Beroura 123, 14). À l’inverse, on ne fera pas plus de trois pas, pour ne pas sembler prétentieux (Choul’han ‘Aroukh 123, 4, La Prière d’Israël 17, note 9). De même, il convient de ne pas faire de grands pas, afin de ne pas sembler vouloir s’éloigner du Roi (Rama 123, 3, cf. Michna Beroura 16).

Ce contenu a été publié dans Chapitre 12 – La ‘Amida. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.