05 – Détail des règles du tri

Quand on est en présence d’un mélange de parties que l’on souhaite consommer (okhel) et de parties que l’on ne souhaite pas consommer (psolet, « déchet »), on les séparera de la façon que l’on trouve commode, afin de limiter l’effort pendant Yom tov. Si la majorité du mélange consiste en okhel, on en ôtera le psolet. Si la majorité consiste en psolet, on en retirera l’okhel (Beitsa 14b)[7].

Le Chabbat, certains estiment qu’il est interdit d’éplucher, à l’aide d’un épluche-légumes, des fruits ou des légumes dont on pourrait manger la peau (Les Lois de Chabbat I 11, 8), tandis que, le Yom tov, il est permis d’éplucher, à l’aide d’un tel ustensile, même des fruits ou légumes dont la peau ou l’écorce n’est pas propre à la consommation. Le Chabbat, il est interdit d’extraire les noyaux d’olives à l’aide d’un ustensile spécialement conçu pour cela (ibid. 11, 7) ; le Yom tov, c’est permis. Le Chabbat, nombreux sont ceux qui interdisent d’ôter les arêtes de poisson ou les os de la viande avant d’avoir commencé d’en manger (ibid. 11, 9) ; tandis que, le Yom tov, tout le monde s’accorde à dire qu’il est permis d’ôter ces arêtes ou os avant le repas.

Le Chabbat, il est interdit de verser le liquide qui accompagne le maïs ou les petits pois en conserve ; de même, il est interdit de verser l’huile qui se trouve dans une boîte de thon (ibid. 11, 13) ; le Yom tov, c’est permis. Le Chabbat, il ne faut pas utiliser une écumoire pour égoutter les aliments (ibid.), tandis que c’est permis le Yom tov. Le Chabbat, il est interdit de filtrer l’eau des champignons ; de même, il est interdit de séparer la partie liquide d’un bouillon des morceaux d’aliments qui s’y trouvent ; et il est évidemment interdit de le faire à l’aide d’une passoire (ibid. 11, 12) ; le Yom tov, c’est permis (Chemirat Chabbat Kehilkhata 4, 6).

De même que, pour les besoins de Yom tov, il est permis de trier des aliments, de même est-il permis de trier des vêtements, des ustensiles ou des jeux (Or lé-Tsion III 19, 7).

Comme nous l’avons vu (ci-dessus, chap. 3 § 8), tant qu’il est possible d’accomplir la mélakha la veille de Yom tov, sans que la nourriture n’en soit altérée, il faut l’accomplir la veille de Yom tov. Si on ne l’a pas accomplie la veille, il sera permis de l’accomplir à Yom tov même, à condition d’apporter un changement (chinouï) à la manière habituelle. Toutefois, il n’est pas nécessaire d’y apporter un grand changement. Si donc on a l’habitude de trier sur une assiette, on triera sur la table ou sur quelque autre semblable support (Cha’aré Tsioun 495, 10)[8].


[7]. Certes, quand la psolet est en grande quantité, et même dans le cas où il serait plus facile de l’extraire, c’est la partie alimentaire qu’il faut extraire d’entre la psolet (Choul’han ‘Aroukh Harav 510, 4, Chemirat Chabbat Kehilkhata 4, 3). La raison en est que, dans le cas où le « déchet » constitue la majorité, il n’est pas « annexé » à la partie comestible, de sorte qu’il est considéré comme mouqtsé [objet qu’il est interdit de déplacer pendant Chabbat] ; aussi est-il interdit de le retirer. En revanche, quand c’est l’okhel qui constitue la majorité, il est permis d’extraire la psolet à la main, car alors la psolet, minoritaire, est « annexée » à la partie comestible, majoritaire. Le déchet n’a pas alors le statut de mouqtsé, et ce n’est qu’après qu’on l’aura séparé de la partie alimentaire qu’il deviendra mouqtsé (d’après Tossephot sur Chabbat 142b, ‘Hayé Adam 82, 2). Certains estiment cependant que, même lorsque le déchet est majoritaire, on pourra, dans le cas où cela est plus facile, laisser dans son ustensile la partie comestible et en extraire la psolet, car on cherche toujours à limiter l’effort (cf. Qitsour Choul’han ‘Aroukh 98, 7).

[8]. Les sages ont interdit de filtrer la moutarde à l’aide de la passoire ordinaire prévue à cet effet, même quand le but est de la manger pendant Yom tov ; cela, parce qu’on a l’habitude de filtrer ainsi la moutarde pour les besoins de nombreux jours. De même, les sages ont interdit de faire du fromage, c’est-à-dire de mettre dans du lait une matière ayant pour effet de séparer la partie solide de la partie liquide. Quand il y a à cela une grande nécessité pour un repas de Yom tov, il est permis de filtrer la moutarde ou de faire du fromage, en apportant un changement à la manière ordinaire (Chabbat 134a, Choul’han ‘Aroukh 510, 3 et 5, Michna Beroura 12 et 21).

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