08 – Thermostat

Si l’on met en marche, avant l’entrée de Chabbat, un radiateur pour réchauffer sa maison, en lui donnant une chaleur moyenne, et que, au cours du Chabbat, on s’aperçoive que la température est plus chaude qu’on ne le prévoyait, et que l’on préfère que le radiateur chauffe moins, on attendra que le thermostat  interrompe l’activité du radiateur ; alors, on pourra tourner le bouton de réglage à un niveau moins élevé. De cette façon, l’interruption du chauffage se prolongera plus longtemps, et ensuite les éléments chauffants fonctionneront moins longtemps. Par contre, il est interdit de baisser le niveau de chauffage tant que le radiateur fonctionne, puisqu’un tel abaissement ne prolonge par la situation présente, mais précipite le changement : de l’état où le radiateur fonctionne et chauffe à celui où il ne chauffe point.

Le Yom tov également, il est juste d’abaisser l’intensité de chauffage au moment où le thermostat ne fonctionne pas. Certes, une action par grama est permise le Yom tov, en cas de nécessité ; mais il y a un risque sérieux que, au moment même où l’on abaisse la chaleur, on provoque l’interruption immédiate du chauffage, de sorte que l’on éteindrait directement, et non par grama.

Si, au cours de Chabbat, on veut que le radiateur chauffe davantage, on attendra le moment où les éléments chauffants du radiateur fonctionneront, et où la chaleur atteindra la mesure de yad solédet bo (au moins 71 degrés Celsius) ; alors on pourra régler le bouton à une chaleur plus élevée, afin que le radiateur continue de chauffer plus longtemps. Mais il est interdit de faire cela quand la chaleur est inférieure à la mesure de yad solédet bo, en vertu de l’interdit de cuire. Même lorsque la température du radiateur est supérieure à celle de yad solédet bo, il est interdit de faire cela quand l’appareil n’est pas en cours de fonctionnement, car ce serait causer son activité ; il est même à craindre qu’on n’entraîne sa mise en marche immédiate (cf. Les Lois de Chabbat I 10, 3 ; 17, 7).

Mais le Yom tov, où il n’y a pas d’interdit d’allumage ni de cuisson pour les besoins du chauffage domestique, il est permis de porter le bouton à un niveau supérieur, même quand la chaleur du radiateur est inférieure à la mesure de yad solédet bo. Simplement, il faut faire cela quand le radiateur est en cours de fonctionnement et qu’il chauffe, faute de quoi il serait à craindre que son activité ne mette immédiatement en marche le chauffage, de sorte qu’on l’allumerait directement[10].

S’agissant d’un climatiseur ou d’un réfrigérateur dotés d’un bouton de réglage de la température, la règle est la même le Yom tov que le Chabbat. Quand la réfrigération ou la climatisation est en activée, il est permis de porter le bouton de réglage à une température inférieure, car, par cela, l’activité réfrigérante se prolongera davantage. Quand le moteur interrompt la réfrigération ou la climatisation, il est permis de porter le bouton de réglage à une température plus élevée : de cette façon, le moteur réfrigérant verra son action suspendue davantage (Min’hat Chelomo 10, Chemirat Chabbat Kehilkhata 23, 24).

Tout cela vaut à condition que le changement thermostatique ne s’inscrive pas sur un écran. Quand le changement thermostatique produit l’inscription des degrés de chaleur sur un écran électronique, comme c’est le cas dans de nombreux climatiseurs, la chose est interdite au titre de la mélakha d’écrire (kotev), et parce que chaque pression d’un bouton entraîne immédiatement une activité électrique.


[10]. C’est ce qu’enseigne le Chemirat Chabbat Kehilkhata 23, 24. Or de prime abord, il semble s’agir d’un cas de davar ché-eino mitkaven (chose sur laquelle ne porte pas l’intention), puisqu’il n’est pas certain qu’un rehaussement modéré du niveau de chaleur entraîne l’allumage immédiat du chauffage. Dès lors, il ne semble pas y avoir ici d’interdit. On peut répondre cependant que l’on parle de davar ché-eino mitkaven lorsque l’intention est d’accomplir une autre action ; alors, bien qu’il soit bénéfique que cette mélakha s’accomplisse, il n’y a pas là d’interdit, puisqu’il n’est pas certain qu’elle s’accomplira. Tandis que, dans notre cas, l’intention porte essentiellement sur l’intensification du chauffage ; par conséquent, s’il advient que le radiateur se met en marche immédiatement, on considérera que l’allumage a été fait intentionnellement, et non comme une « chose sur laquelle ne portait pas l’intention ».

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