11 – Quelques règles relatives à la toilette

Il est permis d’utiliser, le Chabbat et le Yom tov, du savon liquide. Mais nombreux sont ceux qui ont l’usage d’être rigoureux à l’égard du savon solide ou pâteux. Il y a deux raisons à cela : la première est qu’utiliser un savon solide ou pâteux ressemble au fait de racler (mema’heq) ; en effet, au moment où l’on utilise un savon solide, on lisse sa surface ; de même, au moment où l’on utilise un savon pâteux, on l’étale sur ses mains et sur son corps (Michna Beroura 326, 30). La deuxième raison est qu’en utilisant un tel savon, il semble que l’on fasse naître une chose nouvelle : le savon solide, ou pâteux, se transforme en matière aussi liquide que de l’eau (Ben Ich ‘Haï, deuxième année, Yitro 15). Certes, si l’on s’en tient à la stricte obligation, de nombreux décisionnaires estiment qu’il n’y a pas là d’interdit. Mais la majorité des communautés juives ont pris l’usage d’être rigoureuses et de ne point se servir de savon solide ni pâteux. Néanmoins, ceux qui ont l’usage d’être indulgents ont sur qui s’appuyer.

Un savon crémeux qui, si on le versait sur une surface plane, se répandrait sur les côtés, est considéré comme liquide, et tous les avis s’accordent à dire qu’il est permis de s’en servir ; même dans le cas où l’on éprouve un doute à cet égard, on peut être indulgent (cf. Les Lois de Chabbat I 14, 6).

Il est permis de se laver les cheveux, et d’utiliser du shampooing et de l’après-shampooing. Pendant qu’on se lave les cheveux, il faut prendre soin de ne pas s’arracher de cheveux. Il est juste qu’une femme dont les cheveux sont longs, et qui a l’habitude constante de se les peigner après la douche, s’abstienne de se laver les cheveux le Chabbat et le Yom tov, afin de ne pas commettre ensuite, par mégarde, un interdit toranique en se peignant (cf. Les Lois de Chabbat I 14, 3). Si une femme a grandement besoin de se laver la tête, et qu’elle sache avec certitude qu’elle ne fera pas l’erreur de se peigner après son shampooing, elle pourra se laver les cheveux le Yom tov.

Il faut encore avoir soin, tandis qu’on se lave les cheveux ou la barbe, de ne pas les essorer, car cet essorage est interdit au titre de l’interdit de « battre » (dach) ; l’essorage extrait en effet de la chevelure de l’eau et du savon, que l’on pourrait utiliser dans la suite de la toilette. Mais il est permis d’essuyer ses cheveux à l’aide d’une serviette : puisque l’on n’est pas intéressé par l’eau qui sort de la chevelure et est absorbée par la serviette, l’interdit d’essorer n’est pas constitué (Les Lois de Chabbat I 14, 8).

Livres

Série Pniné Halakha 9 volumes
Commandez maintenant