02.Y résider d’une manière honorable

Tout au long des sept jours, on doit faire de sa souka son habitation fixe, et de sa maison son habitation secondaire, comme il est dit : « Dans des cabanes vous résiderez sept jours durant » (Lv 23, 42). Aussi faut-il transférer dans la souka la table et les chaises les plus honorables qu’on possède, son lit et ses accessoires de literie les meilleurs, afin de vivre dans la souka comme on vit dans sa maison dans le courant de l’année. En d’autres termes, il ne suffit pas de manger et de dormir dans la souka ; il faut encore que la partie principale de son habitation s’y trouve, tandis que la maison servira de cuisine et d’entrepôt, destinés à aider aux nécessités de la souka (Michna et Guémara Souka 28b).

S’agissant de l’étude, les sages enseignent qu’il est bon qu’elle ait lieu dans la souka quand il s’agit d’une étude ordinaire, tandis qu’une étude approfondie et fatigante convient mieux à la maison ou au beit-hamidrach, car il est plus facile de s’y concentrer (Souka 28b, Choul’han ‘Aroukh 639, 4). Si l’on a du mal à se concentrer dans la souka, en raison de la chaleur ou du bruit, il sera préférable d’étudier dans la pièce la plus confortable, même pour une étude ordinaire ; car l’étude ne fait pas partie des choses qui s’accomplissent précisément à la maison. De même, si l’on a besoin de nombreux livres au cours de son étude, et qu’il soit contraignant de les apporter dans la souka, on pourra étudier a priori au beit-hamidrach ou dans sa propre bibliothèque.

Bien qu’il faille se conduire dans sa souka comme on se conduit chez soi, il y a une différence entre la maison et la souka : à la maison, on accomplit toutes sortes de travaux, d’honorables et de moins honorables. Dans la souka, en revanche, en raison de l’honneur qui lui est dû, il ne faut pas faire de travaux qui ne soient honorables ; on se conduira dans la souka comme les gens ont l’usage de se comporter dans la pièce la plus belle et la plus considérable de leur maison. Aussi est-il interdit de déposer dans la souka des instruments qui ne lui font pas honneur, comme un seau, une bassine, ou toute autre chose que l’on ne placerait pas dans la pièce la plus belle de la maison. Il est aussi interdit de laver la vaisselle dans la souka, ou de changer la couche d’un bébé (Souka 28b, Choul’han ‘Aroukh 639, 1, ‘Aroukh Hachoul’han 4).

Après la fin du repas, il faut débarrasser rapidement les ustensiles de table, assiettes, couverts, car il ne serait pas honorable pour la souka que des ustensiles de table sales y restassent. Mais on peut y laisser les verres, puisqu’ils ne se souillent pas tellement, et que, parfois, on veut y boire de nouveau. Dans une contrée où il est d’usage d’apporter à table les marmites, il sera permis de les apporter aussi à la table de la souka ; en un lieu où les apporter à table ne serait pas considéré comme honorable, on ne les y apportera (Souka 29a, Choul’han ‘Aroukh 639, 1, Michna Beroura 3-6). Il est interdit de placer dans la souka une poubelle pour les restes alimentaires ; mais il est permis d’y mettre une corbeille à papiers ou quelque autre récipient de ce genre, de même qu’on a l’usage d’en mettre dans les pièces honorées[2].

On ne devra pas poser dans la souka des vêtements qu’il faut laver ; mais il est permis à celui qui va dormir de poser ses vêtements sur une chaise, dans la souka, ainsi que d’ôter ses chaussures et ses chaussettes, comme on en a l’habitude dans sa maison.

Il n’y a aucune offense dans le fait de tenir des conversations sur des sujets profanes dans la souka ; par conséquent, si l’on veut s’entretenir avec un camarade, en sa présence ou par téléphone, il sera bon de le faire dans la souka, comme on en a l’usage chez soi. Car à tout moment où l’on se trouve dans la souka, on accomplit une mitsva (Choul’han ‘Aroukh 639, 1). De même, si l’on veut jouer aux échecs, au Monopoly ou à d’autres jeux de ce genre, il sera bon de le faire dans la souka (cf. Mahari Weil 191, Darké Moché 639, 1). Certains apportent à leur pratique un supplément de perfection en s’abstenant de se livrer, dans la souka, à des occupations profanes (Chné Lou’hot Habrit, Kaf Ha’haïm 639, 5-6 ; cf. Michna Beroura 2). Cependant, si, à cause de cela, on devait se trouver moins de temps dans la souka, cela ne constituerait point un supplément de perfection. En effet, halakhiquement, même si l’on souhaite avoir des activités profanes, il est préférable de s’y livrer dans la souka, ce par quoi on accomplit une mitsva.


[2]. Selon Rabbénou Manoa’h, le Raavad et Rabbénou Yonathan, au moment où il s’y trouve des ustensiles sales, la souka est rabbiniquement invalidée ; et celui qui y entre alors pour y manger ne peut pas prononcer la bénédiction Leichev ba-souka. Mais la majorité des décisionnaires estiment que, même quand on porte atteinte à l’honneur dû à la souka, celle-ci reste cachère, et il est permis d’y réciter Leichev ba-souka. Tel est l’avis de Rabbénou Tam, du Maor, de Na’hmanide, du Ran et, parmi les A’haronim, du Baït ‘Hadach, du Maguen Avraham, du Peri Mégadim et d’autres. Quoi qu’il en soit, a priori, il y a lieu de tenir compte de l’opinion rigoureuse (‘Hayé Adam, Michna Beroura 639, 6, Cha’ar Hatsioun 13).

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