08. Coutumes liées au Qidouch et couverture des pains

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La coutume la plus répandue consiste à se tenir debout pendant le Qidouch du soir de Chabbat, car on y témoigne de la Création du monde, or les témoins doivent être debout au moment de leur déposition. Rabbi Isaac Louria donne la même directive, en se fondant sur la partie ésotérique de la Torah (le sod) ; et tel est l’usage des Séfarades, ainsi que des ‘Hassidim (Choul’han ‘Aroukh 271, 10 ; Kaf Ha’haïm 62). Les Ashkénazes ont coutume de s’asseoir durant le Qidouch, afin que celui-ci se dise véritablement au lieu même du repas (or il est d’usage d’être assis pour manger). De plus, en restant assis, le meqadech et tous les auditeurs se lient les uns aux autres, en une même assemblée. Certains Ashkénazes apportent un supplément de perfection à la mitsva en se levant pour les versets de Vaïkhoulou, puis en s’asseyant pour la suite du Qidouch (Michna Beroura 271, 46 ; Chemirat Chabbat Kehilkhata 47, 28).

Lors du Qidouch du jour, de l’avis de tous, il est préférable de s’asseoir, et tel est l’usage de la majorité des communautés juives. Malgré cela, certains ont l’usage de se lever, et il n’y a pas d’interdit à cela.

Bien qu’une femme puisse, comme un homme, réciter le Qidouch, il est de coutume que l’homme le récite pour l’ensemble de sa famille. Quand plusieurs pères de famille prennent ensemble leur repas, il est préférable que l’un d’entre eux récite le Qidouch pour tous, car « c’est dans un peuple nombreux que se manifeste la gloire du roi » (Pr 14, 28 ; Choul’han ‘Aroukh 167, 11).

On a coutume de couvrir les pains (‘halot) au moment du Qidouch car, chaque fois que nous sommes en présence de pain et de vin, et que nous voulons consommer des deux, il est de principe que nous devons d’abord prononcer la bénédiction sur le pain, qui est plus important que le vin. Or quand on doit dire le Qidouch, il faut faire précéder le vin ; si bien que, pour ne pas déroger à la préséance, on recouvre les pains. De même, quand on a face à soi des pâtisseries au moment du Qidouch, on doit les recouvrir, car elles aussi ont priorité sur le vin. Quand on propose un Qidouch aux fidèles après la prière du matin de Chabbat, quiconque a l’intention de boire du vin après le Qidouch doit recouvrir préalablement les gâteaux qui sont devant lui. Si l’on n’a pas l’intention de boire du vin après le Qidouch, on n’a pas besoin de couvrir lesdits gâteaux (cf. Chemirat Chabbat Kehilkhata 47, note 125). Suivant ce motif, il n’est pas nécessaire de placer les pains sur la table au moment du Qidouch, et ce n’est que s’ils s’y trouvent déjà que l’on doit les couvrir.

Certains avancent une raison supplémentaire à la couverture des pains : les deux ‘halot du Chabbat font allusion à la manne envoyée à Israël dans le désert ; or la manne était couverte de rosée, au-dessus et en-dessous. C’est en souvenir de cela que l’on place les ‘halot sur la nappe de la table et qu’on les recouvre, par en haut, d’un napperon. Se fondant sur ce motif, certains ont soin de placer les ‘halot couvertes sur la table, avant le Qidouch, en souvenir de la manne, et certains ont coutume de maintenir couvertes les ‘halot jusqu’à la fin de la bénédiction des pains (hamotsi). Suivant ce même motif, certains ont l’usage de couvrir les ‘halot, y compris avant le troisième repas, la sé’ouda chelichit (Michna Beroura 271, 41 ; ‘Aroukh Hachoul’han 271, 22).

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