11. Marcher ou parler pour les besoins d’une mitsva

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Il est permis, pour les besoins d’une mitsva, de parler de travaux interdits le Chabbat ; il est de même permis d’aller voir les choses sur lesquelles il faudra réaliser des travaux, ou encore de faire des calculs pécuniaires liés aux nécessités d’une mitsva. Il est dit en effet, dans le verset déjà cité d’Isaïe (58, 13) : « Tu l’honoreras en t’abstenant de suivre tes chemins ordinaires, de chercher la fortune [litt. tes affaires] et d’en faire le sujet de tes paroles », ce que nos sages commentent ainsi : « Tes propres affaires sont interdites, mais les affaires du Ciel sont permises » (Chabbat 113a). Il est donc permis, en cas de besoin, d’aller examiner une synagogue en cours de construction. De même, quand il faut préparer le nécessaire d’une fiancée, ou encore le nécessaire d’un mort, il est permis de se rendre à l’extrémité de la zone d’habitation sabbatique (te’houm), afin de pouvoir s’occuper de ces devoirs dès la fin de Chabbat. Il est également permis d’aller, à l’approche du soir, en un lieu d’où l’on voyagera le soir venu pour aller consoler des endeuillés (Chabbat 151a, Choul’han ‘Aroukh 306, 3, Chemirat Chabbat Kehilkhata 29, 13).

Il est de même permis, en cas de besoin, de tenir des propos profanes dans le cadre des nécessités d’une mitsva ; par exemple, de calculer les dépenses requises par un repas de mariage ou par un repas qui suit une circoncision, lesquels appartiennent à la catégorie de sé’oudat mitsva (repas donné à l’occasion d’une mitsva). On peut encore prévoir la rémunération d’un orchestre pour un mariage, la préparation des vêtements de l’épousée. Mais il est interdit de conclure l’affaire en pratique, car le commerce est chose interdite, même pour les besoins d’une mitsva. Quant à la rémunération du photographe pour le mariage, l’achat des vêtements pour les parents de la mariée ou pour ses sœurs, il est entièrement interdit d’en parler pendant Chabbat, car ce ne sont pas là des « nécessités d’une mitsva ».

Dans le même sens, il est permis d’organiser une quête, au cours de laquelle chacun s’engagera à offrir une somme déterminée à une œuvre (tsédaqa) ou à la synagogue. Il est aussi permis à des parents de calculer la somme nécessaire à l’éducation toranique, scientifique et professionnelle de leurs enfants. Si l’on est un professionnel de l’éducation, on peut traiter du budget de son école et des différents cours. Il est également permis à un directeur d’école de demander à un enseignant s’il est prêt à exercer dans son établissement, et de lui dire combien il pourra gagner par mois ; mais il est interdit de conclure un accord formel sur la question du salaire. Dans le même ordre d’idées, il est permis de parler des besoins de la collectivité : le revêtement d’une route, la fixation des impôts ; les besoins collectifs sont en effet, eux aussi, considérés comme les nécessités d’une mitsva (Chabbat 150a, Choul’han ‘Aroukh 306, 6). Mais il ne convient d’être indulgent en cette matière que lorsque ces propos présentent une réelle utilité pour la mitsva ; en revanche, lorsque, de toute manière, le traitement de la mitsva est supposé s’effectuer comme il convient, il est recommandé de s’abstenir de parler d’affaires profanes ou d’aller examiner leur avancement, même quand la chose est liée aux nécessités d’une mitsva (Michna Beroura 307, 1).

En cas de nécessité, il est permis, le Chabbat, d’annoncer avoir perdu un objet, même si cet objet est mouqtsé, comme un portefeuille, afin que l’on puisse accomplir, après Chabbat, la mitsva de rendre l’objet perdu (Choul’han ‘Aroukh 306, 12). En un lieu où il est difficile de trouver des pains azymes (matsot) pour Pessa’h, ou les quatre espèces végétales (arba’at haminim) que nous utilisons à Soukot, il est permis d’annoncer, pendant Chabbat, où l’on pourra se les procurer (Michna Beroura 306, 55).

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