13. Jeux

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Les décisionnaires discutent s’il est permis de jouer le Chabbat. Selon certains, puisque le Chabbat est destiné à l’étude de la Torah, il est interdit de perdre le temps qui revient à la Torah pour se livrer à un quelconque jeu. À ce titre, il est interdit de jouer aux échecs, aux dames, au backgammon, au billard, aux jeux de ballon (même à la maison). Puisqu’il est interdit d’y jouer, tous ces jeux sont mouqtsé (Mahara Sasson, Birké Yossef 338, 1, Péta’h Hadvir 4).

Selon d’autres, il n’y a pas, si l’on s’en tient à la stricte obligation, d’interdit de jouer, le Chabbat, à condition de ne pas jouer pour de l’argent (Rama 338, 5, Maamar Mordekhaï). Certains rabbins avaient l’habitude de jouer aux échecs le Chabbat, car ce jeu nécessite de la réflexion et aiguise l’intelligence (Chilté Guiborim)[9].

En pratique, il est bon que les grandes personnes (dès l’âge de la majorité religieuse) soient rigoureuses et s’abstiennent de jouer au ballon, aux échecs et à d’autres jeux de ce genre, le Chabbat, tant parce que plusieurs décisionnaires l’interdisent, que parce qu’il est juste de ne pas s’habituer, le Chabbat, à perdre le temps que l’on pourrait consacrer à l’étude de la Torah. Quant à ceux qui veulent être indulgents, ils ont sur qui s’appuyer (cf. Choul’han ‘Aroukh 308, 15, Maguen Avraham 338, 5, Michna Beroura 21, Kaf Ha’haïm 39). S’agissant des enfants eux-mêmes, il faut les éduquer à beaucoup étudier la Torah le jour de Chabbat ; mais il est admis par la presque totalité des décisionnaires qu’il n’y a pas lieu de leur interdire ces jeux ce jour-là (comme nous le verrons au chap. 24 § 7).

Mais en ce qui concerne les jeux dont on fait « grand cas »[g], comme le football, le basketball et le tennis, il est interdit d’y jouer pendant Chabbat, car ils ressortissent aux activités profanes (‘ovdin de’hol). À plus forte raison est-il interdit d’y jouer sur des terrains de sport. Même aux enfants, il est interdit d’y jouer, au titre de ‘ovdin de’hol (cf. chap. 24 § 9).


[9]. Le ‘Hida, en Birké Yossef 338, 1, tend à l’interdire ; à ce qu’il semble, écrit-il, les rabbins qui jouaient aux échecs le Chabbat souffraient de mélancolie : pour détourner leur pensée de leurs tourments, ils jouaient aux échecs, puis revenaient à leur étude. Mais sauf cette raison, il ne faut pas y jouer le Chabbat. Nos sages rapportent qu’un certain lieu portait le nom de Tour Chimon, où l’on honorait le Chabbat, mais qui fut néanmoins détruit. Selon certains, s’il fut détruit, c’est en raison du jeu de ballon auquel jouaient les habitants (Talmud de Jérusalem, Ta’anit 4, 5). Rabbi Eléazar de Worms (Roqéa’h 55) explique que ce jeu détournait de l’étude de la Torah. De là, le Beit Yossef apprend qu’il est interdit de jouer au ballon, le Chabbat, et que le ballon est mouqtsé (Chibolé Haléqet, Beit Yossef et Choul’han ‘Aroukh 308, 45). D’autres sont indulgents, et pensent que, dans une cour dallée, il est permis de jouer au ballon (Tossephot, Rama) ; mais dans un endroit qui n’est pas dallé ou carrelé, il est interdit de jouer, de crainte que l’on n’en vienne à aplanir le terrain (cf. ci-dessus chap. 15 § 2) ; et si Tour Chimon fut punie, c’est que ses habitant jouaient au ballon dans le domaine public (Gaon de Vilna), ou que le ballon les dissipait trop de l’étude de la Torah.

[g]. ‘Esseq gadol : jeux dont les règles sont quasi-professionnelles, et qui se déroulent quelquefois en présence de spectateurs.

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