15. Préparatifs de la semaine ; rangement de la maison, de la table

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Le Chabbat est destiné à la sainteté et au repos. Faire un quelconque effort, ce jour-là, pour préparer une chose nécessaire à la semaine, c’est déconsidérer le Chabbat. Nos sages ont donc interdit de faire effort, pendant Chabbat, aux fins de préparer ce qui est nécessaire la semaine.

Il est interdit de faire son lit, pendant Chabbat, à l’approche du coucher qui suivra l’issue de Chabbat. En revanche, il est permis de faire son lit pour que la chambre soit ordonnée pendant Chabbat. De même, il est permis de desservir la table où l’on a mangé, si le but est que la maison soit ordonnée pendant Chabbat. Après le troisième repas (sé’ouda chelichit), si l’on reste à attendre là jusqu’à l’issue de Chabbat, il est également permis de desservir la table et de débarrasser la vaisselle dans l’évier. Mais si le fait de desservir n’est utile que pour l’issue de Chabbat – par exemple s’il ne reste que quelques minutes avant l’expiration du Chabbat, ou que l’on s’apprête à quitter la pièce où l’on a mangé –, il sera interdit de desservir, puisqu’il ne faut pas consacrer d’effort, pendant Chabbat, à la préparation de la semaine (Michna Chabbat 113a, Michna Beroura 302, 19).

De même, il est permis de faire la vaisselle, si l’on a l’intention de se resservir de cette vaisselle au cours du même Chabbat. Si l’on a utilisé de nombreux ustensiles, et que l’on n’ait besoin que d’un seul verre, on pourra, dans le cas où l’on n’a plus un seul verre propre, nettoyer tous les verres, puisqu’il sera possible d’utiliser chacun d’entre eux. De même, si l’on n’a besoin que d’une assiette et que l’on n’ait aucune assiette propre, il sera permis de nettoyer toutes les assiettes et d’utiliser l’une d’entre elles ensuite. Mais si l’on n’a pas l’intention de manger ou de boire dans ces ustensiles pendant Chabbat, il sera interdit de les laver (Chabbat 118a, Choul’han ‘Aroukh 323, 6, Michna Beroura 323, 26).

Si l’on a l’habitude, tout au long de la semaine, de ne pas laisser le moindre ustensile sale dans l’évier, et que la présence d’une pile de vaisselle sale durant de longues heures porte atteinte, à ses yeux, à l’honneur dû au Chabbat, on sera autorisé à laver cette vaisselle afin que sa maison soit ordonnée en l’honneur du saint jour, bien que l’on n’ait plus besoin d’utiliser ladite vaisselle d’ici à la fin du Chabbat. Par contre, il est interdit de nettoyer les marmites, parce qu’elles ont statut de mouqtsé, et parce que cela demanderait un effort excessif (Responsa du Maharchag, Ora’h ‘Haïm 1, 61, Tsits Eliézer XIV 37). (Nous avons vu, au chapitre 13 § 4-5, de quelle manière on peut nettoyer une table qui a été mouillée par de l’eau ou du jus de fruit ; et au chapitre 15 § 9, comment on peut nettoyer un carrelage).

Il est interdit de plier son talith pour qu’il soit bien lissé le Chabbat suivant, mais il est permis de le plier si l’intention est de ne pas le laisser, pendant Chabbat, posé d’une manière qui ne serait pas honorable (cf. chap. 13 § 9).

Même pour les besoins d’une mitsva, il est interdit d’exécuter, pendant Chabbat, des préparatifs pour les jours suivants. Il est par exemple interdit de préparer le rouleau de la Torah de manière que le parchemin soit placé à l’endroit requis pour la lecture des jours de semaine, ou du Chabbat suivant (Michna Beroura 667, 5). Si la chose est réellement nécessaire, on pourra placer le parchemin à l’endroit souhaité, puis y étudier quelques versets. Par ce biais, l’opération sera faite également pour les besoins de cette étude sabbatique (‘Aroukh Hachoul’han 667, 2). Il est de même permis d’apporter un livre à la synagogue pour qu’il s’y trouve à l’issue de Chabbat, à condition d’étudier quelque peu ce livre pendant Chabbat.

Il est permis de se préparer, le Chabbat, à un examen portant sur des matières saintes (qodech), examen qui aura lieu pendant la semaine, puisqu’il y a une mitsva dans le fait même d’étudier la Torah. Si un examen doit porter sur des matières profanes, il convient de ne pas le préparer pendant Chabbat, car ce jour doit être consacré à l’étude de la Torah ; de plus, l’intention essentielle de cette étude profane serait de réussir à l’examen, et non de devenir plus savant. En cas de nécessité impérieuse, on peut néanmoins être indulgent, puisque les études profanes ont une valeur propre. Mais il est interdit de préparer un examen d’anglais, ou d’une autre langue étrangère, car cette étude ne possède pas de valeur autre qu’utilitaire. Il est de même interdit d’étudier en vue d’un examen auquel il est d’usage de se préparer en écrivant des exercices ; ce n’est que lorsqu’il n’est pas à craindre que l’on en vienne à écrire ou à effacer qu’il est permis de lire des textes d’intérêt scientifique ou culturel.

On ne dira pas, le Chabbat : « Je vais aller dormir pour être en forme samedi soir », car ce serait dédaigner le Chabbat, en utilisant celui-ci pour préparer la semaine. Mais si l’on ne dit pas cela, et que l’on se contente d’y penser, cela n’est pas interdit, car en soi, le sommeil du Chabbat est une source de délice (Séfer ‘Hassidim, Michna Beroura 290, 4 ; cf. ci-dessus chap. 5 § 3).

Quand un jour de fête (Yom tov) tombe à l’issue de Chabbat, il est interdit de préparer la fête pendant Chabbat. A posteriori, si l’on a préparé quelque chose pendant Chabbat en vue d’un jour profane, il sera permis d’en profiter.

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