04 – Horaires de la ‘Amida

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Les membres de la Grande Assemblée (anché Knesset Haguedola) ont institué trois prières quotidiennes, et ont fixé leurs horaires en fonction de ceux des offrandes journalières à l’époque du Temple. L’offrande du matin était apportée à partir de l’aube ; par conséquent, l’heure de la ‘Amida du matin devrait, elle aussi, être fixée a priori à partir de l’aube. Mais  nos sages ont décrété qu’il convenait de prier une fois le soleil levé, comme il est dit (Psaume 72, 5) : « Ils te craindront avec le soleil »[a] (Berakhot 9b). Cependant, si l’on a prié dès l’aube, on est quitte, car la prière a été dite à un moment qui convenait à l’offrande journalière du matin (Choul’han ‘Aroukh 89, 1).

Le temps le plus indiqué pour dire la ‘Amida est celui des anciens (Vatiqin), qui récitaient la ‘Amida au lever du soleil (hanets ha’hama) [4].

Le temps prescrit pour réciter la ‘Amida se prolonge jusqu’à la fin de la quatrième heure ; en effet, le temps de l’offrande journalière du matin, selon Rabbi Yehouda, se prolongeait jusqu’à la fin de la quatrième heure. Et bien que, selon les sages, le temps de l’offrande journalière se prolonge jusqu’au midi solaire, la halakha est ici conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda. En effet, dans le traité talmudique Edouyot, où chaque michna est élevée au rang de halakha, c’est l’opinion de Rabbi Yehouda qui est rapportée ; la prière de Cha’harit est donc fixée jusqu’à la fin de la quatrième heure (Berakhot 27a). Malgré cela, l’avis des Sages n’a pas été repoussé entièrement : si les quatre premières heures du jour sont passées sans que l’on ait dit la ‘Amida de Cha’harit, on peut a posteriori la réciter jusqu’à midi. Dans un tel cas, bien que l’on n’ait pas le mérite d’avoir dit la prière en son temps, on a le mérite d’avoir dit la prière en tant que telle (comme il sera expliqué ci-après, § 11).


[a]. D’après le sens premier du verset, le psalmiste s’adresse à Dieu en disant : « Le peuple Te craindra aussi longtemps qu’existera le soleil ». Dans la lecture midrachique : « Le peuple T’exprimera sa révérence par la prière au moment où brillera le soleil ».

[4] Beit Yossef 89, 1, Choul’han ‘Aroukh Harav 89, 2, Bérour Halakha 26, 1 note 8. En résumé, on trouve trois méthodes principales : a) Pour Maïmonide et Rabbénou ‘Hananel, la ‘Amida est essentiellement fixée du lever du soleil à la fin de la quatrième heure, et ce n’est qu’a posteriori que l’on peut prier depuis l’aube ; c’est dans ce sens que tranchent le Choul’han ‘Aroukh 89, 1 et le Michna Beroura 4. b) Pour le Roch, ce que la Guémara nous enseigne est que le temps de Vatiqin est le plus choisi, comme il est dit : « Ils te craindront avec le soleil ». En revanche, le temps qui précède le lever du soleil et le temps qui le suit, jusqu’à quatre heures, ont un statut égal, car tout le temps qui convenait à l’offrande journalière convient aussi à la prière de Cha’harit. (Selon le Peri Mégadim, le Roch pense que l’on ne prie à l’aube – prise comme apparition de la première lueur à l’est – qu’en cas d’urgence, tandis que l’on peut prier, même a priori, dès que la lumière s’est étendue sur la face de l’est. En effet, dans le cas de l’offrande journalière, l’horaire toranique initial était fixé dès l’aube, mais les sages décrétèrent qu’il fallait attendre que la lumière s’étendît à l’est, afin que l’on n’en vînt pas à se tromper ; c’est aussi l’opinion du Peri ‘Hadach en pratique. Le Michna Beroura et le Béour Halakha 89, 1 expliquent que la définition de l’aube est sujette à controverse – première lueur ou l’illumination de l’est ? – et qu’il y a lieu d’être rigoureux et d’attendre, des deux moments, le plus tardif). c) Pour Rabbénou Yerou’ham, de l’aube au moment de michéyakir [où l’on peut distinguer le bleu du blanc], la prière est valable a posteriori, mais de michéyakir au lever du soleil, on peut prier a priori, de même qu’après le lever du soleil. (Certains croient comprendre, d’après les termes de Rachi et du Raavan, qu’en cas de nécessité impérieuse on peut dire la ‘Amida de Cha’harit même avant l’aube, mais cette interprétation n’a pas été retenue, même en cas de nécessité impérieuse).
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