07 – Jusqu’à quel point il est permis d’avancer l’heure de la prière

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A priori, on ne récitera pas la ‘Amida avant l’heure de Vatiqin car, d’après plusieurs décisionnaires, le temps de récitation de la ‘Amida s’étend a priori du lever du soleil (hanets ha’hama) à la fin de la quatrième heure, et le moment le plus indiqué est bien entendu immédiatement l’heure de Vatiqin. Par conséquent, pour un fidèle dont la prière durerait environ vingt-cinq minutes du début de l’office jusqu’au début de la ‘Amida, le moment de commencer la prière serait, au plus tôt, vingt-cinq minutes avant le lever du soleil.

Si l’on est contraint de partir tôt en voyage ou au travail, on est autorisé à commencer sa prière depuis le moment de michéyakir, où l’on peut reconnaître son prochain à une distance de quatre amot. En effet, à ce moment, la lumière s’est déjà quelque peu répandue sur la terre, et il est dès lors permis de réciter le Chéma et d’accomplir la mitsva des tsitsit (se couvrir du talith), ainsi que la mitsva des téphilines. Nous avons déjà vu que michéyakir tombait à peu près cinquante minutes avant le lever du soleil (durant la majorité de l’année) (cf. note 2).

Si l’on doit avancer davantage sa prière, on commencera à prier sans talith ni téphilines, jusqu’à la fin des Pessouqé dezimra[c] ; après avoir terminé la bénédiction Yichtaba’h, on attendra le moment de michéyakir pour s’envelopper du talith et attacher les téphilines, puis on continuera sa prière[8].


[c]. Pessouqé dezimra : versets de louanges, deuxième partie de l’office. Cf. chap. 14.

[8]. A priori, il ne faut pas prier avant Vatiqin car, selon la majorité des décisionnaires, parmi lesquels Maïmonide et le Choul’han ‘Aroukh, le temps qui sépare l’aube du lever du soleil ne convient à la prière qu’a posteriori, comme nous l’expliquions en note 4. S’agissant même de la lecture du Chéma, selon certains décisionnaires (Maïmonide et Rabbénou Tam), la période qui va de michéyakir au lever du soleil n’est valable qu’a posteriori. Cependant, pour la majorité des décisionnaires, ce temps est valable a priori pour la lecture du Chéma ; mais dans la mesure où l’on doit enchaîner la ‘Amida au Chéma et à ses bénédictions, on aura soin de ne pas dire a priori la ‘Amida avant le lever du soleil.

En cas de nécessité (bich’at hatsorekh), on pourra dire la ‘Amida depuis le temps de michéyakir, car cette heure est, d’après la majorité des décisionnaires, celle où l’on peut commencer à lire le Chéma, comme le décide le Choul’han ‘Aroukh 58, 1 et comme nous l’avons vu en note 3. Cette heure est aussi celle où l’on peut commencer à s’envelopper du talith et à attacher ses téphilines, comme l’énonce le Choul’han ‘Aroukh, Ora’h ‘Haïm 18, 3 et 30, 1. On peut terminer les Pessouqé dezimra et Yichtaba’h avant cela, et quand arrive le moment de michéyakir, mettre talith et téphilines, comme l’explique le Béour Halakha 58, 1 (זמן). Mais on n’anticipera pas davantage, car ce n’est qu’en cas de nécessité impérieuse (bich’at had’haq) qu’il est permis de lire le Chéma et ses bénédictions avant le temps de michéyakir. Pour la définition de cet horaire, cf. note 2.

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