09. Manger à la maison, pour les élèves qui prient à l’école

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Des filles qui ont l’habitude de réciter la prière de Cha’harit à l’école, et qui, si elles ne mangeaient pas chez elles avant cela, auraient faim, de sorte que cela pourrait nuire à leur santé ou atteindrait leur capacité de concentration pendant la prière et l’étude, sont autorisées à manger et à boire chez elles avant de prier. Si une simple collation sans pain leur suffit, il est préférable qu’elles s’en contentent ; à la première récréation, elles pourront se laver les mains et manger du pain. Il n’y a pas lieu de prétendre qu’il vaudrait mieux pour elles prier à la maison ; en effet, prier régulièrement à l’école est un élément d’éducation des élèves, et renforce le statut de la prière. Néanmoins, il convient de réciter les bénédictions matinales et celles de la Torah avant de manger et de boire[6].

Les enfants qui ne sont pas encore arrivés à l’âge des mitsvot – douze ans pour les filles, treize ans pour les garçons – sont autorisés à manger avant la prière. Certes, il est nécessaire d’éduquer les enfants à ne pas consommer d’aliments interdits, mais cette nécessité n’existe que lorsque l’aliment est interdit en tant que tel, par le fait qu’il n’est pas cachère. En revanche, lorsque nos sages érigent une haie protectrice autour des mitsvot en interdisant de manger avant la prière ou avant le Qidouch, les enfants ne sont pas visés par cette défense, dans la mesure où aucun interdit ne pèse sur l’aliment en soi. Il est vrai qu’a priori il est convenable que les enfants ne mangent pas avant la prière, mais quand cela est nécessaire, ils y sont autorisés (Michna Beroura 106, 5 ; Yabia’ Omer IV 12, 15 ; cf. aussi Kaf Ha’haïm 106, 11).


[6]. Il est plus difficile d’être indulgent pour des garçons qui ont passé l’âge de la bar-mitsva, car l’obligation de la prière, à leur égard, est claire. En revanche, pour les filles, prier le matin n’est pas une pleine obligation puisque, selon certains décisionnaires, les femmes ne sont tenues qu’à une prière quotidienne unique, et peuvent s’en acquitter à Min’ha ; selon d’autres, les femmes peuvent même se rendre quittes de leur obligation en se bornant à réciter les bénédictions matinales et celles de la Torah, comme nous l’avons vu au chap. 2 § 3-5 ; de plus, les interdits pesant sur certaines activités avant la prière de Cha’harit ne sont pas, de toutes manières, des interdits absolus, si bien que, en cas de nécessité, on peut être indulgent et manger avant de prier. C’est dans ce sens que s’expriment le Igrot Moché IV 101, 2 et le Halikhot Chelomo 2, 4.

Le Halikhot Bat Israël (2, note 10) cite une lettre du Rav Chelomo Zalman Auerbach, dans laquelle celui-ci est indulgent pour les étudiantes des séminaires, et leur permet de déjeuner à la maison avant de se rendre à leur école. Il ajoute dans cette même lettre que les étudiantes doivent, avant de manger, prononcer une courte prière (et nous avons écrit ci-dessus qu’il y avait lieu de réciter les bénédictions matinales et celles de la Torah, auxquelles elles sont, de toutes façons, obligées). Le Rav Auerbach recommande également aux étudiantes de prendre sur elles le joug de la royauté du Ciel par la récitation du Chéma Israël.

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