02. Les heures relatives et le calcul des horaires matinaux

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Les heures dont parlent les maîtres du Talmud sont des heures relatives (cha’ot zmaniot). C’est-à-dire que l’on divise la journée en douze parties égales, chaque partie constituant une heure relative. Pendant l’été, où les journées sont longues, les heures le sont aussi, tandis qu’en hiver, quand les journées sont courtes, les heures sont courtes aussi.

La question est de savoir à partir de quand on considère que la journée commence. Selon la méthode du Maguen Avraham, les heures du jour sont celles où la lumière est perceptible : le calcul se fait depuis l’aube jusqu’à l’obscurité totale. Selon le Gaon de Vilna, en revanche, le calcul se fait selon les heures où le soleil est visible, c’est-à-dire du lever du soleil à son coucher (cheqiat ha’hama). C’est là le sens du double horaire que l’on trouve dans les calendriers : le premier horaire correspond à l’opinion du Maguen Avraham, qui fait commencer la journée à l’aube, tandis que le second horaire, plus tardif, est conforme à l’opinion du Gaon de Vilna, qui fait débuter la journée au lever du soleil (cf. La Prière d’Israël 11, notes 13-14).

En pratique, les décisionnaires suivent, dans leur majorité, l’opinion du Gaon de Vilna ; de plus, dans la mesure où la question des horaires de prière est de rang rabbinique, la halakha est conforme à l’opinion indulgente ; aussi calcule-t-on l’heure-limite de la ‘Amida de Cha’harit selon la méthode du Gaon de Vilna[3].


[3]. De même, on suit l’opinion du Gaon de Vilna en matière d’heure-limite de consommation du ‘hamets (pâte levée) à la veille de Pessa’h. En effet, ce sont les rabbins qui ont décidé d’interdire la consommation du ‘hamets après la quatrième heure ; or quand il s’agit de trancher en matière rabbinique, la halakha est conforme à l’opinion indulgente. En revanche, en matière de mitsvot assorties d’un horaire par la Torah elle-même – telle que la mitsva de lire le Chéma, à laquelle les hommes sont tenus, cas dans lequel l’heure limite de lecture est la fin de la troisième heure du jour –, la juste attitude est d’être rigoureux. Les hommes réciteront donc le Chéma avant la fin de la troisième heure du jour telle que définie par le Maguen Avraham, suivant en cela le principe : en cas de doute portant sur une règle toranique, on est rigoureux (safeq de-Oraïtha lé’houmra).
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