08. Règle a posteriori

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Si l’on a récité la ‘Amida dans les quatre amot d’un excrément, on ne s’est pas acquitté de cette mitsva et l’on doit répéter la prière. Si c’est seulement après avoir achevé sa prière qu’il apparaît que l’on a prié dans les quatre coudées d’un excrément, et dès lors que l’on se trouve en un endroit où il était raisonnable de craindre qu’il pût s’en trouver un, on a fauté en ne vérifiant pas la propreté du lieu ; aussi n’est-on pas quitte de son obligation. Mais si l’on est dans un endroit où il n’y avait pas de raison de penser qu’il pût se trouver un excrément, on est quitte de son obligation, puisque l’on n’était pas tenu de vérifier la propreté du lieu (Choul’han ‘Aroukh 76, 8 ; Michna Beroura 76, 31 ; cf. 81, 13).

Les décisionnaires sont partagés au sujet des bénédictions que l’on aurait dites à l’intérieur des quatre amot entourant un excrément. Certains pensent que, puisque l’on a transgressé, ce faisant, un interdit de la Torah, on n’est pas quitte de son obligation et l’on doit répéter ces bénédictions (Michna Beroura 185, 7 et Béour Halakha ad loc.). D’autres estiment que les sages n’ont été exigeants qu’au sujet du Chéma et de la ‘Amida, mais qu’en ce qui concerne les autres bénédictions, on est a posteriori quitte de son obligation (‘Hayé Adam 3, 33 ; Qitsour Choul’han Aroukh 5, 10 ; Kaf Ha’haïm 76, 37 ; 185, 14). Puisqu’il s’agit d’un cas de doute portant sur des bénédictions, il faut craindre que, si l’on prenait le parti de les répéter, ces bénédictions ne fussent dites en vain (berakha lévatala) ; aussi, s’applique ici le principe selon lequel, dans un cas de doute portant sur la récitation d’une bénédiction, on est indulgent (safeq berakha lehaqel), et l’on ne répète donc pas lesdites bénédictions. Toutefois, il est bon de repasser en pensée sur ces bénédictions car, selon certains avis, on peut également s’acquitter des bénédictions par le fait d’en penser les mots ; en revanche, par la seule pensée, on ne peut transgresser l’interdit d’une bénédiction vaine.

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