03. La bénédiction

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Avant de commencer la recherche du ‘hamets, on récitera la bénédiction : Baroukh Ata Ado-naï, Elo-hénou, Mélekh ha’olam, acher qidechanou bemitsvotav, vétsivanou ‘al bi’our ‘hamets (« Béni sois-Tu, Eternel, notre Dieu, Roi de l’univers, qui nous as sanctifiés par tes commandements, et nous a ordonné de détruire le ‘hamets »). Bien que la destruction effective du ‘hamets ne soit prévue que le lendemain – par la combustion et par l’annulation –, nous incluons dans la bénédiction, dès le soir du 14, la formule « détruire le ‘hamets », car, par la recherche, nous amorçons le processus de destruction du ‘hamets, aux fins de l’exclure de la maison[2].

Il ne faut pas parler entre la bénédiction et le début de la recherche. Si l’on s’est interrompu par des paroles portant sur d’autres questions, qui ne sont pas liées à la recherche du ‘hamets, on a perdu le bénéfice de sa bénédiction, et l’on devra la répéter avant d’entreprendre la recherche. Mais si l’on a déjà commencé la recherche, et que l’on ait ensuite parlé d’autres sujets, on n’a pas perdu le bénéfice de la bénédiction, puisque celle-ci est déjà relative à ce que l’on a pu inspecter entre-temps. Toutefois, a priori, il ne convient pas de parler, au cours de la recherche, de sujets autres ; cela, afin que l’on se concentre sur sa recherche (Choul’han ‘Aroukh 432, 1 ; Michna Beroura 5-6).

Si l’on possède plusieurs maisons, il faut les inspecter toutes. On récitera la bénédiction avant d’inspecter la première. Même si elles sont éloignées l’une de l’autre, on ne dira la bénédiction qu’une fois[3].

Si l’on doit voyager avant le 14 nissan, et que l’on ait déjà inspecté sa maison l’une des nuits qui précèdent celle du 14, cette recherche est halakhiquement efficace ; mais pour autant, on ne récitera pas la bénédiction sur cette recherche. En effet, on ne dit la bénédiction que si la recherche s’effectue à la tombée de la nuit du 14, ou par la suite, car alors il s’agit d’une recherche qui précède de peu la destruction effective, puisque tout le ‘hamets que l’on trouve dans la nuit du 14 sera détruit le lendemain matin. De même, si l’on n’a pu faire la recherche dans la nuit du 14 et qu’on l’ait faite dans la journée du lendemain, voire à Pessa’h même, on prononcera la bénédiction, car tout le ‘hamets que l’on trouvera, on le brûlera immédiatement : sur une telle recherche, une bénédiction consacrée à la destruction du ‘hamets a sa raison d’être (Rama 436, 1, Béour Halakha ad loc., Michna Beroura 435, 5)[4].


[2]. Si l’on a oublié de dire la bénédiction avant la recherche, et que l’on s’en souvienne au cours de celle-ci, on récitera la bénédiction, à condition qu’il y ait encore, à ce moment, des endroits à inspecter. Si l’on ne s’en souvient qu’après avoir terminé la recherche, certains décisionnaires estiment que l’on dira la bénédiction avant de détruire le ‘hamets, dans la journée du 14 (Maguen Avraham, Touré Zahav et d’autres ; c’est en ce sens qu’incline le Michna Beroura 434, 4). D’autres estiment que c’est sur la recherche que porte la bénédiction instituée par le sages, et non sur la destruction ; par conséquent, si l’on a oublié de dire la bénédiction avant la fin de la recherche, on a perdu la possibilité de la dire (Baït ‘Hadach, Choul’han ‘Aroukh Harav et d’autres). Or, en cas de doute portant sur une bénédiction, nous avons pour principe d’être indulgent, c’est-à-dire de ne pas la prononcer ; on s’abstiendra donc. Quant à l’annulation en tant que telle, il est certain qu’elle ne fait pas l’objet d’une bénédiction, car on ne dit pas de bénédiction sur des dispositions qui relèvent seulement du cœur.

[3]. Les décisionnaires sont partagés sur ce point, comme le rapporte le Michna Beroura 432, 7 : selon le Peri ‘Hadach et le ‘Hayé Adam, se rendre en un lieu éloigné est considéré comme une interruption de la recherche, si bien qu’il faut répéter la bénédiction. Tandis que le ‘Hoq Yossef et le Maamar Mordekhaï estiment que le fait de se rendre dans un autre endroit n’est pas considéré comme une interruption. Telle est la position du Kaf Ha’haïm 432, 22. Là encore, nous sommes en présence d’un doute portant sur une bénédiction ; on s’abstiendra donc. Les A’haronim sont également partagés lorsque le chef de famille inspecte une partie de sa maison et délègue une autre personne pour inspecter une autre partie, mais que cette autre personne n’a pas entendu la bénédiction du chef de famille : doit-elle dire la bénédiction pour ce qu’elle recherchera ? Cf. Cha’ar Hatsioun 432, 9.

[4]. Certes, selon Rabbi Aharon Halévi et le Peri ‘Hadach, quiconque inspecte sa maison parce qu’il y est halakhiquement obligé récitera la bénédiction ; en effet, le but de la recherche est de s’assurer que l’on n’enfreindra pas, par la suite, les interdits de bal yéraé et de bal yimatsé ; or, puisque les sages ordonnent à celui qui doit voyager avant la nuit du 14 de faire sa recherche durant la nuit précédant son voyage, il dira la bénédiction. Quant au Ritva et au Baït ‘Hadach, ils estiment que l’on ne dira la bénédiction qu’à la condition que la recherche se fasse dans les trente jours précédant Pessa’h. Toutefois, le Colbo et le Rama 436, 1 sont d’avis que la bénédiction de la recherche se rapporte également à la destruction qui, elle, n’aura lieu que le lendemain ; c’est aussi ce qu’écrit le Gaon de Vilna, et ce à quoi semblent s’accorder les A’haronim, le Maguen Avraham, le Touré Zahav et d’autres. Or, en cas de doute portant sur une bénédiction, on s’abstient ; c’est aussi ce qui semble ressortir du Béour Halakha ad loc.

L’auteur du ‘Itour rapporte que, de l’avis de certains, il faut également dire la bénédiction Chéhé’héyanou avant la recherche (« … qui nous as fait vivre, nous a maintenus, et nous a conduits jusqu’à cette époque »), puisque c’est une mitsva périodique, que l’on n’accomplit qu’une fois par an ; d’autres prescrivent de ne pas la réciter. Le Roch tranche en disant de ne pas la réciter, car la recherche se fait pour les besoins de la fête de Pessa’h ; or, durant la fête elle-même, on dira la bénédiction Chéhé’héyanou. Le Choul’han ‘Aroukh ne mentionne même pas cette bénédiction dans les lois de la recherche. Cependant, certains A’haronim mentionnent un usage permettant d’apporter un supplément de perfection (un hidour) à la mitsva : prendre un fruit nouveau, ou un vêtement nouveau, et dire sur ce fruit ou sur ce vêtement la bénédiction Chéhé’héyanou avant la recherche (Kaf Ha’haïm 432, 9).

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