04. Dans quel cas Roch ‘hodech dure un jour, et dans quel cas deux jours

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Lorsque le mois est défectif (c’est-à-dire qu’il dure vingt-neuf jours), le Roch ‘hodech du mois suivant dure un seul jour. Mais quand le mois est plein (qu’il dure trente jours), le Roch ‘hodech du mois suivant dure deux jours : le premier jour coïncidera avec le trentième jour du mois précédent, et le second jour tombera le 1er du nouveau mois. Et quoique la partie essentielle de Roch ‘hodech soit le deuxième jour, puisqu’il s’agit du 1er du mois nouveau, et que l’on compte les jours du mois à partir de ce jour, toutes les règles de Roch ‘hodech s’appliquent également au premier des deux jours de néoménie, le trentième jour du mois précédent. On y récite la prière de Moussaf, on dit le Hallel, on inclut le passage Ya’alé véyavo dans la ‘Amida et dans le Birkat hamazon (actions de grâce après le repas) ; si l’on a oublié d’inclure Ya’alé véyavo dans la ‘Amida de Cha’harit ou dans celle de Min’ha, il faut répéter ladite ‘Amida. Plusieurs raisons ont été données pour expliquer que Roch ‘hodech dure deux jours, raisons indiquées ici en note[4].


[4]. De prime abord, il y a lieu d’objecter : la néoménie est, par définition, le premier jour du mois ; pourquoi donc, quand le mois précédent est plein, considère-t-on son trentième jour comme Roch ‘hodech également ? Le Chibolé Haléqet 168 explique au nom de Rabbénou Chelomo et du Rid (Rabbi Yechaya Harichon) – et le Birké Yossef 427 le rapporte – que, lorsque le mois est plein, le renouvellement de la lune se produit au cours du trentième jour (après vingt-neuf jours et demi révolus). Par conséquent, bien que le 1er du mois tombe le lendemain (afin d’équilibrer les mois, comme nous l’avons vu au § 1), il convient de marquer aussi la néoménie le jour même où se renouvelle la lune ; c’est pourquoi on fait deux jours de Roch ‘hodech.

Le Tachbets 3, 244 rapporte que l’on avait coutume de s’abstenir de travailler à Roch ‘hodech, et que l’on y faisait des repas spéciaux ; et tel était l’usage dès l’entrée du trentième jour. En effet, des témoins se présenteraient peut-être devant le beit-din, de sorte que ce jour serait consacré comme Roch ‘hodech. Et s’il ne se présentait pas de témoins, on appliquait nécessairement les usages de Roch ‘hodech au lendemain aussi. Quand le mois précédent était plein, on marquait deux jours de Roch ‘hodech (à la manière des deux jours de Roch hachana). Et bien que, à l’époque du Temple, les sacrifices de Moussaf ne fussent offerts que le premier du mois, les deux jours, à l’issue d’un mois plein, sont saints pour les motifs susmentionnés. Aussi, récite-t-on le Hallel, la ‘Amida de Moussaf et Ya’alé véyavo ces deux jours.

Le Rav Zevin, dans son ouvrage Léor Hahalakha (article sur Roch ‘hodech), écrit que, selon Rachi et le Chilté Haguiborim (Roch Hachana, chap. 1), on avait coutume, jadis, à l’issue d’un mois plein, de ne marquer qu’un jour de Roch ‘hodech, tandis que, pour le Or Zaroua’ II, lois de Roch ‘hodech, et le Maharcha sur Baba Metsia 59b, on marquait deux jours.

Les auteurs sont également partagés quant au sens du verset de I Sam 20, 27 : ויהי ממחרת החודש השני (littéralement : « Il advint, au lendemain de la néoménie, le deuxième… »). Selon le Tachbets et Rabbénou Yechaya, le verset vise le second jour de Roch ‘hodech, tandis que, pour Rachi et le Radaq, il est question ici du jour qui suivit Roch ‘hodech, et qui était un jour ordinaire.

Certains ont affirmé que, si l’on marque deux jours, c’est pour écarter le doute ; mais leurs propos n’ont pas été acceptés. Aussi, si l’on oublie d’inclure Ya’alé véyavo dans la ‘Amida de Cha’harit ou celle de Min’ha, on doit répéter la ‘Amida, que l’oubli ait lieu le premier ou le deuxième jour. Cf. l’ouvrage intitulé Roch ‘Hodech 10, note 4.

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