10. Insertion de Ya’alé véyavo dans la prière

La thématique de Roch ‘hodech doit nécessairement trouver expression dans la prière, car les différents offices ont été instituées en référence aux sacrifices ; or à Roch ‘hodech il nous est prescrit d’offrir un sacrifice additionnel (Moussaf) ; aussi doit-on ajouter, dans la prière, la notion de Roch ‘hodech. Pour cela, nos sages ont prescrit de réciter la courte prière de Ya’alé véyavo, dans laquelle nous demandons à Dieu de Se souvenir de nous pour le bien, en ce jour de Roch ‘hodech. Ce texte a été inséré dans la bénédiction de la ‘Amida commençant par le mot Retsé (« Agrée… »), parce que, dans cette bénédiction, nous demandons à Dieu qu’Il rétablisse le service du Temple ; c’est bien le lieu de mentionner la néoménie car, grâce au rétablissement du service au Temple, nous pourrons offrir les sacrifices additionnels propres à ce jour. Si l’on oublie de réciter Ya’alé véyavo au sein de la ‘Amida de Cha’harit, ou de Min’ha, on doit répéter sa ‘Amida (Chabbat 24a).

Si l’on s’aperçoit de son oubli immédiatement après avoir terminé la bénédiction Retsé, on dira à ce moment-là Ya’alé véyavo, puis on poursuivra en récitant la bénédiction suivante, Modim. Si l’on a commencé Modim, et que l’on s’aperçoive de son oubli avant de s’apprêter à reculer de trois pas, à la fin de sa ‘Amida, on reprendra au début de la bénédiction Retsé, puis on poursuivra la récitation de sa ‘Amida jusqu’à la fin. Ce que nous disons là ne concerne que les prières de Cha’harit et de Min’ha. En revanche, si l’on a oublié de dire Ya’alé véyavo dans la ‘Amida d’Arvit, et dès lors que l’on a prononcé le nom divin à la fin de la bénédiction Retsé, on ne se reprend pas. En effet, à l’époque du Temple, le beit-din ne proclamait pas le mois nouveau durant la nuit ; et s’il est vrai que, a priori, il faut dire Ya’alé véyavo dans la ‘Amida du soir, on ne reprend pas a posteriori sa ‘Amida, ni même une seule bénédiction, pour pouvoir inclure cet ajout (Berakhot 29b, 30b, Choul’han ‘Aroukh 422, 1)[13].


[13]. À Cha’harit et à Min’ha, si l’on doute d’avoir récité Ya’alé véyavo, on suppose qu’on ne l’a pas récité ; on doit donc se reprendre. Mais si, au cours de sa ‘Amida, on a formé l’intention de dire Ya’alé véyavo, et que c’est seulement après que l’on éprouve un doute, on ne se reprendra pas, car on supposera qu’on l’a dit (Michna Beroura 422, 10). Si l’on a oublié de réciter Ya’alé véyavo à Min’ha de Roch ‘hodech, et que l’on s’en aperçoive le soir suivant, qui se trouve être jour ordinaire : on récitera deux fois la ‘Amida d’Arvit : la première au titre d’Arvit, la seconde au titre de tachloumin [prière de rattrapage pour la ‘Amida immédiatement précédente, que l’on n’a pas dite, ou, comme ici, que l’on n’a pas valablement dite]. Simplement, avant de réciter la seconde ‘Amida, on formulera en son for intérieur la condition suivante : dans le cas où je n’aurais pas réellement l’obligation de dire une seconde ‘Amida à titre de tachloumin, que cette ‘Amida soit considérée comme prière additionnelle volontaire (nédava) (Choul’han ‘Aroukh 108, 11, Pniné halakha, La Prière d’Israël 18, 10).

Il est d’usage que l’administrateur de la synagogue (gabaï) annonce, avant la ‘Amida d’Arvit : « Roch ‘hodech ! », ou : « Ya’alé véyavo ! » (Choul’han ‘Aroukh 236, 2). En revanche, entre la bénédiction de la Délivrance (Gaal Israël) et le début de la ‘Amida de Cha’harit, il est interdit de s’interrompre. Aussi a-t-on l’usage de frapper deux coups sur le pupitre de lecture (bama) : le public comprend ainsi qu’on veut lui rappeler de réciter Ya’alé véyavo. De plus, certains ont l’usage d’élever un peu la voix quand ils arrivent, dans leur ‘Amida, à Ya’alé véyavo (Cheyaré Knesset Haguedola). Cf. Roch ‘Hodech 4, 2. Autre possibilité : l’officiant peut également terminer la bénédiction Gaal Israël sur la mélodie propre à Roch ‘hodech, afin de rappeler aux fidèles de réciter Ya’alé véyavo.

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